Le temps des Fêtes peut être un moment difficile de l’année pour beaucoup de familles, surtout lorsqu’elles doivent composer avec un diagnostic de trouble de stress post-traumatique (TSPT). Pour aider les plus jeunes membres des familles touchées par le TSPT, nous avons préparé quelques conseils et stratégies pour vous aider à leur faire profiter au maximum de la saison.

Gérer les attentes Le temps des Fêtes peut être une période difficile pour les familles pour diverses raisons. Ne compliquez pas les choses et essayez de ne pas investir trop de votre temps et de votre énergie. Communiquez vos souhaits pour les Fêtes à vos proches et donnez à chacun la possibilité de contribuer à leur planification. De cette façon, il y a plus de chances que les attentes de chacun soient comblées.

Avoir des sentiments, c’est normal – les bons comme les difficiles

Donnez aux enfants l’espace et le soutien dont ils ont besoin pour exprimer leurs sentiments. Ils peuvent être en colère, déçus ou effrayés qu’un membre de la famille ne se sente pas particulièrement bien pendant les Fêtes. Ou encore, les enfants dans votre vie peuvent être heureux et enthousiastes, mais ne savent pas exactement comment exprimer ces sentiments lorsqu’un membre de la famille ne se sent pas bien. Les enfants peuvent se sentir dépassés, frustrés ou anxieux pendant le temps des Fêtes. Il se peut aussi qu’ils perçoivent et adoptent vos propres sentiments. Adoptez des mots ou des indices spéciaux pour que les enfants et puissent parler de la santé mentale. Par exemple, une mauvaise journée peut être exprimée par « Je suis rouge aujourd’hui », « J’ai une journée de dragon » ou « Je me sens grincheux ». Ils peuvent avoir besoin d’aide pour dire tout simplement « J’ai besoin d’espace! ».

Pensez aussi à les aider à exprimer leur enthousiasme et leur joie pendant les Fêtes. Les enfants apprennent de notre exemple ce qui est important dans la vie. Adoptez une attitude positive, dansez au son de votre musique préférée, jouez dans la neige ou fabriquez vos propres cartes de vœux.

Et n’oubliez pas de donner l’exemple (du mieux que vous pouvez) du comportement que vous voulez voir chez vos enfants. Les enfants et les adolescents observent les adultes qui font partie de leur vie et apprennent beaucoup de ce qu’ils voient. Faire preuve de compassion et d’amour à l’égard du membre de la famille qui souffre du TSPT, et ne pas le stigmatiser ou le blâmer fera un bien immense aux enfants de la famille.

Faites preuve de patience, de compréhension et de soutien

Il est important d’être présent pour les enfants et les adolescents dans votre vie, d’écouter attentivement leurs pensées et leurs préoccupations et de les rassurer afin de les aider à gérer leurs expériences et leurs sentiments.

Planifiez les rassemblements

Les enfants peuvent eux aussi être dépassés par les Fêtes et avoir besoin d’espace pour décompresser ou simplement se réfugier pendant les rassemblements à l’extérieur du foyer. Discutez de ce que cela pourrait représenter avant la sortie. Pensez à apporter des livres, du matériel d’art, des personnages de films d’action ou à leur permettre d’utiliser leur téléphone pendant qu’ils sont là.

S’il n’est pas possible de faire une sortie, trouvez d’autres moyens pour permettre aux enfants et aux adolescents de maintenir un lien avec le membre de leur famille souffrant de TSPT. Si se rendre à un grand défilé de Noël ou à une fête d’enfants bondée peut s’avérer trop difficile pour le parent affecté, faire du chocolat chaud et regarder un défilé à la télévision ou organiser l’allumage d’un arbre de Noël en famille dans la cour arrière peut devenir un événement en soi. De précieux souvenirs peuvent être créés par toutes sortes de moyens.

Assurez-vous que les enfants ainsi que les adultes aient des plages de temps libre.

En plus de planifier des activités avec le membre de la famille de l’enfant ou de l’adolescent atteint de TSPT, si possible, prévoyez également des activités distinctes pour eux sans ce membre de la famille. Cela leur permettra de participer à des activités sans craindre que le membre de sa famille affecté soit mis en présence d’un facteur déclencheur. Envisagez de demander à un adulte ne souffrant pas de TSPT, comme un autre membre de la famille, un voisin ou un ami de la famille, d’accompagner l’enfant à une activité. Assurez-vous de discuter ouvertement de ces plans avec le membre de la famille affecté, surtout s’il s’agit d’un parent de l’enfant.

Soyez juste, mais ferme

Même dans les meilleures conditions, le rôle de parent ou de personne soutien d’enfants et d’adolescents peut être difficile. Il est important de reconnaître que les enfants et les adolescents dans votre vie gèrent la situation et leur stress du mieux qu’ils peuvent, et il est normal qu’ils se fâchent à l’occasion. Montrez-leur qu’ils sont aimés et soutenus, tout en veillant à maintenir des limites claires et cohérentes quant aux comportements acceptables et inacceptables. Accompagnez-les de manière significative du mieux que vous pouvez – prévoyez des moments précis pour leur permettre de vous parler de leurs sentiments. Faites-leur savoir que ce qu’ils ressentent est important et valable.

Le temps des Fêtes peut être mouvementé! Faites votre possible pour maintenir une routine prévisible et cohérente. Cela contribuera à créer un sentiment de stabilité pour toutes les membres du foyer, y compris vous-même! N’oubliez pas que les Fêtes peuvent être célébrées sans tenir compte du calendrier. Établissez une nouvelle tradition que tous les membres de la famille contribueront à créer.

Boîte de rapprochement pour le temps des Fêtes

Il peut être difficile pour les enfants et les adolescents de communiquer avec un membre de leur famille qui souffre de TSPT. Par exemple, le fait de suivre une thérapie peut signifier que le membre de la famille est absent ou moins présent. Le membre de leur famille peut aussi sembler absent dans sa façon d’agir en raison de ses symptômes (c’est-à-dire qu’il est présent physiquement, sans toutefois l’être mentalement).

Créez une « boîte de rapprochement » pour les temps où le membre de la famille concerné ne se sent pas capable d’interagir ou doit s’absenter pour suivre une thérapie.

Une boîte de rapprochement peut être un bon moyen de maintenir ce lien, en permettant de revenir sur des moments particuliers passés ensemble. Votre enfant ou adolescent peut sortir sa boîte chaque fois que la personne lui manque, qu’il est en détresse ou qu’il veut se sentir plus proche de lui.

La création d’une boîte de rapprochement est une activité partagée entre votre enfant ou votre adolescent et le membre de la famille touché.

Étape 1 : Trouvez une boîte.

Étape 2 :
Choisissez ensemble des objets à mettre dans la boîte.

Voici quelques suggestions : un objet qui rappelle l’odeur du membre de la famille, quelque chose de doux à câliner, des photos des Fêtes passées, quelque chose qu’ils ont fabriqué ensemble, une friandise saisonnière préférée, un objet significatif ou préféré du membre de la famille, un souvenir d’une sortie ou d’une occasion ensemble ou encore un livre préféré sur le thème des Fêtes. Demandez au parent souffrant de TSPT d’écrire une courte lettre ou un message dans une carte qui sera une surprise pour l’enfant ou l’adolescent qui la trouvera dans sa boîte.

Étape 3 : Décorez la boîte ensemble. Choisissez un décor festif!

En créant la boîte ensemble, vous contribuerez à la rendre plus importante pour votre enfant ou votre jeune. Il est important de tenir compte de l’énergie nécessaire à cette activité et de prévoir une option de rechange si l’activité devient trop éprouvante. Si le parent concerné n’est pas en mesure de fabriquer la boîte avec l’enfant, donnez à l’enfant beaucoup d’espace et de temps pour qu’il la fabrique lui-même, avec votre propre aide.

Lorsque le parent manque à l’enfant, ou qu’il veut retrouver le lien qu’il a avec lui, donnez-lui la boîte et rappelez-lui qu’on l’aime.

Des avantages que vous n’avez peut-être pas envisagés

La présence d’un TSPT dans votre famille ou votre cercle d’amis peut entraîner son lot de difficultés, mais elle offre aussi des possibilités que d’autres familles n’ont peut-être pas. Par exemple, le TSPT vous donne un contexte dans lequel aborder le sujet de la santé mentale avec les enfants et adolescents dans votre vie. Il leur permet d’acquérir des compétences pour comprendre et communiquer leurs propres sentiments et pour maintenir leur bien-être mental. Enfin, il leur permet de vivre une expérience concrète d’un vaste éventail d’émotions et leur enseigne l’empathie, la bienveillance et la compassion.

Réfléchissez à l’année qui arrive à sa fin. Quelles sont les choses qui ont été positives pour votre famille? Ce qui fonctionne pour une famille peut ne pas fonctionner pour une autre. C’est vous qui connaissez le mieux votre propre famille. N’oubliez pas de faire participer vos enfants à la prise de décisions adaptées à leur âge en ce qui concerne l’aspect que prendra le temps des Fêtes dans votre famille.

Soutiens et ressources

Voici quelques ressources supplémentaires pour vous venir en aide.

Pour gérer le temps des Fêtes : Composer avec la période des Fêtes : Quelques conseils afin de réduire votre stress et de créer vos propres traditions

Soutenir les enfants dans les familles touchées par le TSPT : Comment soutenir les enfants – Centre d’excellence sur le TSPT

Ressources pour quand les choses deviennent difficiles : Quand les choses deviennent particulièrement difficiles – Centre d’excellence sur le TSPT

Liste des programmes, des ressources et des mesures de soutien pour les familles vivant avec le TSPT : Ressources, mesures de soutien et programmes pour les familles – Centre d’excellence sur le TSPT

Le Centre d’excellence sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les états de santé mentale connexes du Royal et le Centre de santé mentale post-traumatique Phoenix Australia ont récemment publié un Guide sur les blessures moralesainsi qu’un microsite Web d’accompagnement. Ces ressources traitent de l’un des besoins les plus courants et urgents des travailleurs de la santé pendant la pandémie de COVID-19 : les préjudices moraux.

Le terme « préjudice moral » (ou « blessure morale ») désigne les répercussions des expériences difficiles qui vont à l’encontre des croyances ou valeurs morales profondes d’une personne. De telles expériences peuvent entraîner des effets durables, soit des blessures psychologiques et émotionnelles.

Le couvert pour le Guide sur les blessures morales

Le Guide sur les blessures morales se veut une ressource pratique pour les organisations, équipes et travailleurs de la santé. L’objectif est d’offrir un cadre de soutien opportun aux personnes qui risquent leur vie au quotidien.

« C’est un appel à l’action pour les milieux de travail. Si nous voulons adopter l’approche néo-zélandaise pour mettre fin à cette tendance croissante, c’est le moment de le faire et de faire preuve d’un véritable leadership au Canada afin de soutenir les travailleurs de la santé et de limiter les cas de TSPT et les préjudices moraux », explique le Dr Patrick Smith, directeur général du Centre d’excellence sur le TSPT.

Bien que le concept de « préjudice moral » semble nouveau dans le domaine des soins de santé, il a été étudié dans le domaine militaire, explique Fardous Hosseiny, vice-président de la recherche et des politiques au Centre d’excellence sur le TSPT.

« Il existe déjà une vaste documentation sur ce sujet, mais nous découvrons maintenant que différentes populations, ou toute personne pouvant ressentir une sorte de dilemme moral, présentent un risque de subir un préjudice moral si elles sont confrontées à de tels dilemmes de manière constante », précise-t-il. « Il est important de noter que différentes populations, différentes cohortes, sont maintenant également touchées par ce problème. »

Les préjudices moraux peuvent affecter tout le monde. Le Dr Smith cite les exemples d’un travailleur en soins de longue durée qui ne peut pas admettre de visiteurs dans son foyer; d’une travailleuse sociale qui tient le téléphone pendant que des patients font leurs derniers adieux à leur famille; et d’un administrateur d’hôpital qui doit approuver le redéploiement de personnel infirmier vers des centres qui connaissent des épidémies de COVID-19, en sachant à quels risques ces personnes seront exposées.

Les préjudices moraux peuvent également survenir lorsqu’une personne se sent trahie dans une situation où les enjeux sont élevés ou lorsqu’elle est témoin de comportements qu’elle estime moralement répréhensibles.

« Nous vivons une période inédite et remplie de défis », déclare le Dr Smith. « Les personnes qui ont été formées pour servir les autres n’ont pas été préparées à vivre ce genre de situation ». Le Dr Smith, qui était vice-président d’un grand hôpital de Toronto pendant la crise du SRAS, se rappelle avoir distribué des masques N95 et contrôlé les températures des membres de son personnel à l’entrée de l’établissement. « Ce n’était pas du tout comme ce que nous vivons. Parfois, le fait même de reconnaître cela peut nous aider. En apportant aux gens le soutien dont ils ont besoin maintenant – pendant qu’ils traversent cette épreuve – nous pouvons réellement les aider à se sentir entendus, en sécurité, protégés et, espérons-le, soutenus. »

M. Hosseiny ajoute que les personnes de couleur qui travaillent dans le secteur de la santé sont confrontées à un stress moral accru. Il élabore actuellement un document complémentaire qui sera bientôt publié et proposera des recommandations spécifiques à ce sujet.

« La pandémie de COVID-19 a touché de manière disproportionnée les communautés marginalisées. Elles se reconnaissent dans les personnes qui viennent à l’hôpital. Elles s’identifient à leurs patients, qui peuvent leur rappeler leurs proches… Les personnes marginalisées et les gens de couleur sont confrontées à des défis d’autant plus importants », explique M. Hosseiny.

Il n’existe pas d’« échelle » universellement acceptée pour mesurer le risque de préjudice moral d’une personne, toutefois M. Hosseiny entreprend actuellement une étude de recherche dans ce domaine avec des travailleurs de la santé.

« Tout au long de la pandémie de COVID-19, les travailleurs de la santé ont dû relever le défi de continuer à fournir des soins de grande qualité avec un profond dévouement, tout en s’adaptant à une situation en constante évolution et en veillant à la sécurité de leurs patients, de leurs proches, ainsi qu’à leur propre sécurité », déclare Joanne Bezzubetz, présidente et chef de la direction du Royal. « Ce stress peut avoir de profondes répercussions sur la santé mentale. Le Guide sur les blessures morales conçu par le Centre d’excellence sur le TSPT fournit des informations tirées de l’expérience des militaires et des anciens combattants pour aider les gens et les organismes à favoriser le mieux-être des travailleurs de la santé aujourd’hui, afin d’éviter un afflux de problèmes de santé mentale à l’avenir. J’encourage les responsables des soins de santé du monde entier à lire ce document important et à agir en conséquence. »

Le Dr Smith souligne qu’il est essentiel d’intervenir et d’offrir un soutien au personnel de la santé pour éviter les conséquences les plus graves.

« Nous savons que nous pouvons faire beaucoup de choses pour les soutenir et éviter une vague de TSPT et de préjudices moraux. Franchement, si nous nous contentons d’attendre et de surveiller la situation, nous n’arriverons jamais à traiter tous les problèmes qui en découleront après coup, nous ne nous en sortirons pas. »

Consultez le Guide sur les préjudices moraux et le microsite Web au lien suivant : blessuremorale.ca.