Rien ne se fera pour nous sans nous

L’annonce, au début du mois de décembre, du départ à la retraite du chef de la direction et fondateur du Centre d’excellence sur le TSPT (Centre d’excellence – TSPT), Patrick Smith, Ph. D., a incité de nombreuses personnes œuvrant dans le domaine de la santé mentale auprès des vétérans et de leur famille à réfléchir à son incroyable contribution. M. Smith s’est illustré à la fois sur le plan individuel, à titre de mentor, de collègue et d’ami de multiples personnes, et sur le plan professionnel, plus récemment en tant que leader visionnaire d’une équipe nationale au Centre d’excellence – TSPT, ayant à cœur d’améliorer les services de santé ainsi que la qualité de vie globale de ceux et celles qui se sont employés à servir notre pays.
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Les discussions au sujet de la mise sur pied d’un centre d’excellence ont été amorcées il y a à peine cinq ans. Le major-général (retraité) Glynne Hines, l’adjudant (retraité) Brian McKenna et M. Smith ont alors été invités par le ministre des Anciens Combattants à se joindre à un groupe consultatif. Ce groupe, composé de vétérans et de professionnels de la santé mentale, avait pour mission de conseiller le ministre sur les questions de santé mentale touchant les vétérans et leur famille.

Les enjeux dont il était alors question touchaient (et touchent encore aujourd’hui) de nombreux vétérans et les membres de leur famille : les fournisseurs de soins de santé ne comprennent pas ou ne savent pas toujours reconnaître à leur juste valeur l’ensemble des répercussions particulières que peut avoir le service militaire sur le plan individuel et familial; les symptômes associés au TSPT sont traités de manières fort différentes d’une région à l’autre du pays; les personnes qui nécessitent des soins doivent souvent attendre des mois, voire des années, pour obtenir de l’aide; la transition entre le service militaire et la vie civile s’avère complexe et s’opère souvent sans que les militaires aient accès à une aide adéquate.

Lorsque les membres du groupe consultatif ont entamé leur travail, l’un des objectifs formulés par le ministre s’imposait de prime abord. Ainsi, la création d’un Centre d’excellence « spécialisé en santé mentale ainsi qu’en stress post-traumatique et états de santé mentale connexes, à l’intention à la fois des vétérans et des premiers intervenants » [traduction] a été établie comme une priorité par le gouvernement fédéral.

Les membres du groupe consultatif y voyaient la possibilité de changer le cours de l’histoire des vétérans et de leur famille. C’était pour eux l’occasion de créer une nouvelle réalité pour les vétérans et leur famille, un système leur permettant d’être mieux compris et de recevoir une aide enfin adaptée à leurs besoins. Il s’agissait alors de répondre à la question suivante : « Quelle serait la meilleure façon de s’assurer que leur engagement à l’égard du pays soit reconnu et honoré par l’offre de soins de santé efficaces et pertinents, et ce, peu importe leur lieu de résidence? »

La réponse : en réunissant des personnes bien placées pour comprendre leur parcours, pour en avoir elles-mêmes fait l’expérience, afin de travailler de concert avec les professionnels à la conception d’un plan visant à améliorer les connaissances et les services en matière de soins de santé au bénéfice des vétérans et de leur famille.

C’est ainsi que leur projet a pris forme et mené à la création du Centre d’excellence.

« Je me souviens qu’après les élections, Walt Natyncyk a convoqué une réunion à laquelle il avait convié quelques-uns d’entre nous qui avaient plaidé en faveur de ce centre. Il avait fait preuve d’honnêteté et manifestait en quelque sorte l’engagement du ministère envers un tel projet, mais il avouait par ailleurs plus ou moins comprendre nos motivations. À quoi le centre servirait-il exactement et où devrait-il être construit? » [traduction], rappelle M. McKenna.

Quelques mois plus tard, vers la fin de 2016, un sous-groupe de vétérans et de professionnels de la santé mentale du groupe consultatif du ministre travaille d’arrache-pied en vue de définir l’essence même du Centre. « Nous avions convenu que nous devions nous concentrer sur “l’offre” du Centre et non sur “les moyens” d’y parvenir ou sur son emplacement physique. Si nous étions convaincus que le Centre serait créé, que nous soyons consultés ou non (après tout, le premier ministre l’avait plus ou moins ordonné), le diable allait être dans les détails. Et ces détails devraient provenir de la communauté des vétérans ET des spécialistes de la santé mentale » [traduction], se remémore M. Hines.

« Lorsque je repense aux discussions, aux débats et parfois aux échanges houleux que nous avons eus, je me souviens d’un point sur lequel nous sommes revenus à maintes reprises, à savoir l’importance que le Centre soit fondamentalement axé sur les vétérans et leur famille. À défaut de placer les vétérans au cœur de l’action du futur Centre d’excellence et de les faire participer à l’ensemble de ses principales activités, il ne représenterait rien d’autre qu’une initiative bien intentionnée, mais dénuée de sens, menée par des scientifiques et des bureaucrates. » [traduction]

Glynne Hines

« Ce n’était pas plus compliqué que ça. Les vétérans cherchaient à concevoir des traitements et des mesures de soutien en matière de santé mentale pour leur propre bénéfice et celui de leur famille. Si cela n’avait pas fait partie de la proposition finale, nous aurions échoué. » [traduction]

Glynne Hines

La vision des vétérans et des fournisseurs de soins de santé a pris forme et de l’ampleur lorsque, en 2017, des fonds fédéraux ont été alloués pour la création d’un Centre d’excellence sur le TSPT et les états de santé mentale connexes. Le Centre a été lancé en avril 2019 avec le mandat de renforcer la création et l’échange de connaissances sur la prévention, l’évaluation et le traitement du TSPT et des états de santé mentale connexes, au profit des vétérans et des membres des FAC.

En l’espace de cinq ans, le Centre est passé de notes éparses sur un tableau de conférence, à des mots dans une lettre de mandat, puis à un carrefour de connaissances et de renseignements centré sur les vétérans, à la fois fonctionnel et en croissance, ayant pour priorité absolue de répondre aux besoins des vétérans et de leur famille, toute décision faisant appel à leur contribution et à leur participation.

Depuis, le Centre d’excellence a su faire sa marque à l’échelle pancanadienne grâce à son modèle de « Réseau de réseaux », articulé autour de groupes de référence composés de vétérans, de membres des familles des vétérans, de fournisseurs de services et de chercheurs. Chaque brigade apporte une perspective différente, qui se reflète dans les travaux du Centre d’excellence et de ce qu’il a à offrir. L’établissement de partenariats avec d’autres organismes voués aux vétérans et à leur famille, ainsi qu’avec la communauté universitaire, vient en outre enrichir le mandat du Centre.

Qu’il s’agisse de soutenir les communautés de pratique sur les traumatismes sexuels liés au service militaire ou de joindre sa voix aux soulèvements sur la scène internationale afin de soutenir les personnes touchées par la chute du gouvernement afghan aux mains des talibans, le Centre d’excellence, présent depuis peu dans le paysage canadien, approche de plus en plus de son but en regard de la vision établie il y a quelques années à peine. Et l’une des raisons pour lesquelles une telle vision demeure pertinente réside dans la cohérence des contributions et des objectifs que l’on doit à MM. Hines, McKenna et Smith, qui ont tous participé à l’élaboration et à la mise sur pied du Centre d’excellence.

Ce qui nous ramène à la retraite de M. Smith. Son objectif a toujours été d’intégrer le Centre au sein d’un réseau de partenariats et de collaborations, et de veiller à ce qu’il dispose d’un personnel adéquat et fonctionne avec efficacité. Comme il le disait lui-même : « Il ne s’agissait pas de bâtir un centre dans des délais impartis, mais plutôt de constituer une équipe, de faire en sorte que les choses fonctionnent à plein régime et de me retirer pour regarder l’organisme prendre son envol. » [traduction]

L’immense énergie de Patrick et son engagement à créer un centre d’excellence à la fois efficace et significatif sont parmi ses plus grands legs. Il a su réunir une équipe du plus haut calibre, guidée dans son travail quotidien par quatre conseillers stratégiques ayant vécu une expérience pertinente. L’objectif d’assurer la participation des vétérans et de leur famille aux travaux du Centre a ainsi été atteint.

« Depuis de nombreuses années, plusieurs d’entre nous multiplions les efforts afin que s’opèrent des changements, et nous continuons d’œuvrer en ce sens. Le Centre est l’un des changements qui ont fonctionné. »

Brian McKenna

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