2025-12-18 00:38:08 Épisode 34
Épisode 34 : Avez-vous les yeux plus grands que la panse?
Dans cet épisode de L’esprit au-delà de la mission, Brian et Laryssa abordent le sujet « avoir les yeux plus grands que la panse » en ce qui a trait aux vétérans, à leur famille et aux personnes qui jouent un rôle d’aidant.
En partageant des histoires et des expériences personnelles en toute honnêteté, ils explorent à quel point il est facile de se sentir dépassé lorsqu’on soutient les autres tout en gérant sa propre santé mentale et les défis quotidiens qui surviennent. Leur conversation met en évidence la complexité d’équilibrer les soins pour vos proches tout en maintenant votre bien-être personnel, et la façon dont l’établissement de limites peut sembler nécessaire, mais incroyablement difficile.
Thèmes clés
- Les pressions uniques auxquelles font face les vétérans et leurs familles en matière de santé mentale et de rétablissement
- Les défis liés au fait de soutenir d’autres personnes tout en gérant votre propre santé mentale
- L’importance des limites et du maintien d’une « réserve » personnelle
- Des stratégies pour donner aux autres les moyens de subvenir à leurs besoins plutôt que de tout faire pour eux
- Les risques et les réalités de l’épuisement et de l’usure de compassion
- L’importance des petites tâches qui s’accumulent pour devenir des responsabilités écrasantes
Ressources
- L’espoir en main : respecter nos besoins pendant cette période des Fêtes
- Pour les familles :Subvenir à ses besoins lorsqu’un être cher est aux prises avec une blessure de stress post-traumatique
- Prendre soin de soi et des autres – Trousse de renseignements et de conseils pratiques sur la prévention du suicide pour les familles des vétérans
- Ressources pour les familles et les amis – comprend de l’information sur les signes et les symptômes des blessures de stress post-traumatique, les répercussions potentielles sur les familles, la façon de composer avec la dynamique difficile des relations et les stratégies d’adaptation
- Répertoire des programmes de soutien par les pairs — un répertoire en ligne des programmes de soutien par les pairs qui sont offerts aux vétérans et à leurs familles, consultable par lieu
- Le traumatisme sexuel lié au service militaire : Prendre soin de soi-même pour les membres de la famille – Utilisez cette ressource pour en apprendre davantage sur comment comprend soin de vous-même et établir vos limites
- Sommet pour les familles de vétérans 2026 — du 22 au 23 janvier 2026
Écouter sur
L’ESPRIT AU-DELÀ DE LA MISSION ÉPISODE 34 — AVEZ-VOUS LES YEUX PLUS GRANDS QUE LA
PANSE?
Brian McKenna
Vous avez trouvé notre balado. Nous sommes L’esprit au-delà de la mission. Ce balado porte sur les vétérans et leurs familles, et plus particulièrement sur la santé mentale. Ce qui se passe dans nos vies, ce qui se passe dans nos têtes. Nous ne vous parlons pas en tant que médecins ou professionnels. Nous vous parlons de la vie avec la maladie et de ce que cela implique. Brian McKenna, 19 ans dans les Forces canadiennes. Je suis accompagné de ma partenaire, Laryssa Lamrock.
Laryssa Lamrock
Membre de la famille d’un vétéran, je suis fière d’être une enfant de militaire. Mon mari a servi dans l’armée, je suis une maman fière de son fils militaire. Nous sommes très enthousiastes à l’idée de ce balado qui permettra d’approfondir des questions importantes pour la communauté des vétérans et de leurs familles.
Brian
Rejoignez-nous pour discuter de la santé mentale du point de vue des vétérans et de leurs familles.
Nous sommes de retour pour un nouvel épisode de L’esprit au-delà de la mission, avec Laryssa, qui nous rejoint à nouveau ici à Ottawa. Nous avons littéralement les yeux plus gros que le ventre. C’est ce dont nous allons parler. Le concept selon lequel vous prenez une chose en charge, puis, sans vous en rendre compte, vous en avez cinq, puis vingt. Je trouve cela très courant dans notre monde pour les personnes qui se soutiennent mutuellement, que ce soit du côté des familles ou des vétérans. Cela se produit également chez les policiers. Vous tendez la main une fois parce que quelqu’un vous a probablement tendu la main, ce qui vous a permis de le faire. Et avant même de vous en rendre compte, vous êtes presque devenu votre propre aidant et vous avez trop de choses à gérer. Nous nous attaquons à plus que ce que nous pouvons gérer. Que pensez-vous lorsque vous entendez cela pour la première fois? Je pense que c’est de la culpabilité.
Laryssa
Quand tu m’as parlé de ce sujet pour la première fois, j’ai réagi en me disant « Fiche le camp, Brian », parce que j’avais l’impression que tu me montrais du doigt. Hé, tu prends plus que tu ne peux en supporter en ce moment. Je vois ça comme un truc à plusieurs niveaux. T’as parlé des gens qui travaillent dans le domaine de la défense des droits, mais je vois aussi, comme tu l’as mentionné, les membres en uniforme, les policiers, qui prennent peut-être plus qu’ils ne peuvent en supporter dans leur rôle parce qu’ils veulent soulager les autres. Je travaille beaucoup en ce moment, j’en fais trop. Je le vois aussi en moi-même en tant que membre de la famille, en tant qu’aidant. Quand tu m’en as parlé au début, j’ai vu qu’il y avait en fait plusieurs niveaux différents.
Brian
Je me dis que je préfère avoir une cheville cassée. Je préfère avoir certaines des blessures que j’ai eues, parce qu’elles viennent avec un plan d’action. Oui, tout le monde et chaque corps est différent. Je pense que dans le monde de la santé mentale, ça semble tellement aléatoire quand les gens t’aident. Quand un médecin te dit : « Ça pourrait être une combinaison de ceci, ou on va essayer cela, ou peut-être qu’on doit augmenter ceci, diminuer cela », ça semble tellement compliqué.
Pour moi, ça a été vraiment dur. J’ai l’habitude d’avoir des blessures et de voir un calendrier de guérison. Ce sentiment d’être anéanti et vaincu, sans savoir comment retrouver la santé, ça m’a causé beaucoup plus de problèmes. Quand je vois ça arriver à quelqu’un qui m’est cher, je sais ce qu’il ressent. Je ne sais peut-être pas exactement comment il vit ça, mais je comprends. Je ne veux pas qu’il tombe dans ce trou. Ce n’est pas un endroit agréable. Je connais la douleur. Je connais la frustration. Je connais le doute de soi.
Quand de nouveaux soldats arrivent dans ta vie, c’est un peu comme la relation qu’un gamin de quatre ans a avec son père. Ils te voient comme un super-héros. Plus tard, ils vont découvrir tes défauts. Ils t’admirent vraiment. Ils te suivent. Si tu laces tes bottes d’une certaine façon, ils regardent. En une semaine, ils feront pareil. Tu ranges tes affaires à un certain endroit. Ils te demandent : « Hé, sergent, pourquoi tu fais ça? » Ils t’imitent. Sur ce point, je ne veux pas qu’ils suivent le chemin que j’ai pris. C’est un tel défi. Franchement, je veux juste les en préserver.
Laryssa
On en parlait tout à l’heure. Je t’ai demandé pourquoi on en faisait trop. Pour moi, c’est surtout parce qu’on se soucie de l’autre. On veut lui faciliter la vie. On veut partager ce qu’on a appris. On veut soulager quelqu’un d’autre. Oui, on continue à en faire toujours plus pour essayer d’aider ou d’alléger le fardeau de quelqu’un d’autre.
Brian
Je pense aussi qu’on regarde la personne qui traverse une épreuve. Je pense plus à toi et à ton rôle ici, c’est la personne que tu connais qui va suivre le même chemin que toi en matière de santé mentale, dans une certaine mesure, elle va souffrir, et quelqu’un comme toi sait probablement quelles en sont les conséquences. Je pense qu’on voit ces personnes revenir avec un problème ou un événement qui s’est produit dans leur vie.
Leur famille est en train de se déchirer. On sait pas seulement ce qui va leur arriver, mais on voit aussi ces petits yeux perçants de cinq et sept ans à table qui regardent et voient tout ça se passer sans vraiment comprendre ce qui se passe. Tout l’entourage de ce soldat va souffrir. Tout le monde peut te le dire, mais nous, on le sait.
Laryssa
Pour toi, y a-t-il eu un moment précis où tu as compris que tu étais blessé et où tu ne voulais pas que ça affecte ta famille? Tu parles de tes enfants, à table ou ailleurs. As-tu essayé d’en faire plus que ce dont tu étais capable à ce moment-là? À quoi ressemble le fait d’en faire trop dans ce genre de situation?
Brian
Je dirais que c’est comme si tu te battais pour nager et que tu remontais à la surface pour respirer. Juste pendant cette seconde où tu prends une bouffée d’air, tu fais comme si tu étais prêt à nager pour sauver d’autres personnes. Tu n’as même pas encore réglé ton propre problème. C’est là que je pense que ça se produit souvent dans la communauté. Quand les gens trouvent ce premier petit bout de soins de santé pour eux-mêmes, souvent dans cette communauté, c’est comme : « Oh. Je vais mieux maintenant. Maintenant, je vais montrer le chemin à tous ces autres gens. »
Là où j’ai fait une erreur, c’est que pour moi, plein de trucs m’ont aidé, mais la plupart de ces trucs ne répondent même pas aujourd’hui aux normes, disons, des soins fondés sur des preuves. Le truc qui m’a le plus aidé, c’est d’avoir pris un chien. Ce chien m’a littéralement tiré de mon canapé parce qu’il devait sortir. Il fallait le dresser, il avait besoin de s’occuper et de faire de l’exercice. Tout ce que ce chien, cette pauvre petite Sasha, quelle adorable chienne elle était.
C’est à elle que je dois ma santé, plus qu’à n’importe quel médecin ou programme. On a dû s’entraîner à entrer dans les magasins, parce que c’était son boulot. Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai fait l’erreur de dire à d’autres gars qui, selon moi, étaient dans une situation similaire, qu’ils avaient besoin d’un chien. Ne suivez pas ce programme. C’est ça qu’il vous faut. J’ai la prescription, parce que je viens de prendre une bouffée d’air frais ici. Prends un chien, et pas n’importe quel chien. Inscris-toi à cette organisation.
Maintenant que j’y repense, je me rends compte que chacune de ces choses, comme se brosser les dents dans le champs qui vous rend 2 % plus heureux, changer de chaussettes qui vous rend 3 % plus heureux, n’est pas la solution. C’est l’ensemble de ces choses, que vous pouvez tisser ensemble, que nous appelons la santé. Si je te dis : « Tu es un super soldat si tu changes de chaussettes », non, ça fait partie de la solution. La plus grande erreur que je vois avec le recul, c’est que j’ai commencé à prescrire à tout le monde les trucs qui m’aidaient, en disant : « Voilà ce qui marche, les gars, prenez un chien. »
Laryssa
Oui. Je pense que quand tu trouves ce truc et que tu donnes des conseils ou des recommandations à d’autres personnes, ça te fait te sentir mieux. C’est un peu comme si tu avais des difficultés, mais que tu détournais l’attention de toi pour la porter sur les autres. Ça te fait du bien de pouvoir donner à quelqu’un la recommandation à 2 % de se brosser les dents ou de changer de chaussettes. Je pense que c’est quelque chose auquel on s’accroche aussi. Si ça me fait me sentir un peu mieux d’aider une personne, alors ça me fera me sentir encore un peu mieux d’aider quelqu’un d’autre. Je pense que ça contribue à ce sentiment de vouloir en faire trop.
Brian
Que penses-tu de ça quand tu croises des membres de la famille, comme mon conjoint, mon copain, peu importe, qui ont enfin décidé de demander de l’aide, et que tu les vois encore à ce stade où ils font tout pour qu’il aille mieux, qu’il soit en meilleure santé, qu’il se remette sur pied, mais tu sais que c’est aussi un patient. Ils ne le savent peut-être pas encore. Que fais-tu dans ce cas, ou devons-nous simplement attendre qu’ils soient un peu dépassés par les événements et qu’ils remontent à la surface pour reprendre leur souffle?
Laryssa
C’est tellement compliqué parce que, en y réfléchissant aujourd’hui, quand tu vois quelqu’un que tu aimes en difficulté, tu prends une partie du fardeau pour lui faciliter la tâche. Puis tu en prends une autre, et encore une autre, et encore une autre. Avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves à porter ces responsabilités ou ces fardeaux, ou quoi que ce soit d’autre, en en faisant plus que tu ne peux en supporter, parce que tu es le plus en forme dans la relation et que tu veux aider ton proche à obtenir de l’aide.
Je vais m’occuper de tout ça. Avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves débordé. Je pense que beaucoup de membres de la famille donnent la priorité à leurs proches, donc ils ne se rendent pas compte qu’ils sont eux-mêmes des patients, qu’ils ressentent de la fatigue compassionnelle, qu’ils sont épuisés ou tout autre problème de ce genre. Pour beaucoup de membres de la famille, ça devient une partie intégrante de leur identité. Pour ma part, j’ai fait un travail d’introspection parce que j’étais catégorique : je ne voulais pas être aidante. Je ne suis pas une aidante. Je suis un soutien, et pourtant, me voilà.
Brian
T’aimes toujours pas ce mot?
Laryssa
Mais c’est peut-être ce que je suis. Comme je l’ai dit, je dois peut-être l’accepter. Les métiers que j’ai choisis dans ma vie sont des métiers liés à l’aide à la personne, et c’est ce sur quoi je travaille. Je pense que beaucoup de familles se considèrent comme des aidants. Une fois que leur proche reçoit de l’aide et va mieux, les familles perdent une partie de leur identité, car elles ne sont plus nécessaires à ce titre. C’est assez complexe, comme tu le sais bien.
Brian
Oui. Je pense que tout ce truc de trouver le mot juste, on n’a pas besoin de faire la police sur les mots. Au final, on sait de quoi tu parles. On parle des trucs qu’on doit supporter, du fardeau que porte l’autre personne à la maison. Ça ne demande peut-être pas de formation médicale, mais ça demande vraiment des épaules solides pour porter et faire tout ça. Une chose que j’ai remarquée, à la fois positive et négative pour moi, c’est que j’étais doué pour aider les soldats non seulement dans leurs démarches administratives, mais aussi dans leurs relations avec les médecins. J’étais doué pour les aider à redéfinir cette relation.
Comme je vous l’ai déjà dit, on ment aux médecins sans même s’en rendre compte, parce que notre relation avec eux, c’est un peu comme une relation militaire : quand on les croise et qu’on traîne ensemble au mess, on passe un bon moment, on les appelle par leur prénom et on les respecte en tant que personnes. Dès que ce type sort son bloc-notes et son dossier, avec une case rouge, jaune ou verte, qui veut dire que Brian peut, pourrait ou ne peut pas faire ce qu’il veut, cette relation change complètement.
C’est à moi de lui dire ce qu’il faut faire pour que je puisse partir en mission, suivre la formation, bref, qu’on me laisse tranquille sur le plan médical. Quand je me blesse et que je reviens, je veux me débarrasser de ces trucs qu’on appelle les catégories. En gros, les restrictions qui disent que tu ne peux pas travailler pendant un certain temps. C’est pas une bonne situation. Mais c’est là où tu dois être pour guérir. Encore une fois, je vois mon rôle comme étant de trouver quoi dire à ce gars pour qu’il me laisse tranquille. Ce que je dis aux vétérans maintenant, c’est qu’il n’y a pas de formulaire DAG.
Il n’y a pas de liste d’aide au départ pour savoir si tu peux passer à la prochaine étape de ta vie, tu passes à la prochaine étape de ta vie. Tu ferais mieux de dire à ce type qui te pose ces questions sur ta pire journée de la semaine. Ce n’est pas vraiment bon pour toi de lui expliquer : « Oui, d’accord, j’ai pu faire mes courses lundi. » Tu dois lui expliquer que tu n’as pas fait les courses depuis trois mois et que tu as réussi à le faire lundi. À quoi ressemble ta pire journée de la semaine, ta pire journée du mois? C’est ce que j’ai appris à faire pour aider les soldats.
Le problème, et pourquoi on en parle aujourd’hui, c’est qu’ils recommandent quelqu’un qui a besoin d’aide, puis ils le font. Et tout à coup, je me suis fait un nom et je reçois tellement de messages que ça ferait flipper un gestionnaire de cas. Je ne suis pas payé pour ça. Comment j’ai fini par m’engager à aider tous ces gens? C’est ce dont je parle. Tu vis ce moment, tu t’aides toi-même, tu aides un gars, tu prends son appel, tu réponds sur Facebook Messenger quand il te dit : « Salut, tu peux parler à Phil? » Tu fais ça pendant quelques années, et tu te retrouves avec une longue liste de personnes qui viennent te demander de l’aide.
Laryssa
Qu’est-ce qui rend difficile de dire non?
Brian
C’est un environnement unique. Le monde des vétérans parle de qui on était et de ce qu’on faisait, mais aussi de qui on est encore. J’ai toujours l’éthique d’un soldat et je ne peux pas faire semblant de ne pas savoir ce qui arrive aux gars qui souffrent. On a des taux de suicide incroyablement élevés, des taux de sans-abrisme incroyablement élevés, toutes sortes de problèmes avec des familles qui s’effondrent les unes après les autres. Pour le soldat que je suis, ce n’est pas le moment d’aller déjeuner, car dans notre monde, dans le monde des soldats, on se repose.
On passe un bon moment quand on peut. Il faut laisser reposer ses gars et ses véhicules, mais pas quand on est en action. Tu ne vas pas vérifier le carburant quand tu devrais vérifier tes arcs. C’est tellement difficile de revenir, de savoir la gravité de ce qui se passe quand ces gars ne sont pas soignés, à quel point les résultats peuvent être dévastateurs, et de dire : « Tu sais, Brian, oui, tu dois prendre une semaine de congé pendant que ces gars sont en situation d’extrême détresse. » J’ai du mal avec ça. Je ne sais toujours pas comment faire.
Laryssa
Je pense que quand on a vécu ça ou une situation similaire, ça semble super important et prioritaire. On met nos besoins de côté. Je vais aider cette personne parce que les conséquences pourraient être graves. Je vais mettre mes besoins de côté. Je vais mettre mes besoins de côté, ce qui peut revenir à privilégier la mission plutôt que soi-même. J’en ai déjà parlé. Plus la mission est grande, plus c’est important.
Je peux mettre de côté mes propres besoins, et peut-être que je vais dormir une heure de moins ou passer une heure de moins avec mes enfants ou autre, parce que c’est super important que j’aide cette autre personne à ce moment-là. Je voulais parler d’un terme qu’un de nos amis et collègues m’a fait découvrir. Ils appellent ça la résilience destructrice. Ce concept décrit les gens qui ont vécu des trucs super durs dans leur vie, que ce soit des soldats, des policiers ou des membres de leur famille, et qui continuent malgré tout à aller de l’avant.
C’est le genre de personne qui se dit « Je peux m’en occuper ». Du genre « Laissez-moi y aller. Je peux m’en occuper. Je vais m’en charger. » Ce n’est pas parce que c’est facile, mais parce que c’est tout ce qu’ils ont toujours connu et peut-être qu’ils veulent protéger quelqu’un d’autre. Je connais des policiers qui se mettent en danger ou qui prennent des appels difficiles parce qu’ils ne veulent pas envoyer les nouvelles recrues. « J’ai déjà vécu ça. J’ai déjà beaucoup de poids sur les épaules ou j’ai vu beaucoup de choses. Envoyez-moi à la place des nouvelles recrues. »
Brian
Ce que je constate avec ce genre de choses, c’est que quand tu vas chez un chiropracteur, il va examiner ta colonne vertébrale. Si tu commences à lui poser des questions sur des problèmes émotionnels, ça ne va pas marcher. Tu vas te faire examiner la cheville, ce n’est pas le lieu pour parler d’un problème respiratoire. Il n’y a vraiment personne qui soit spécialisé dans tout ce qui te concerne. La personne qui est censée le faire dans notre société, ton médecin généraliste, même lui ne te pose pas de questions sur ton âme.
Comment ça va, ton objectif? Montre-moi sur cette image du squelette où se trouve ta fierté et comment ça se passe pendant cette séance de huit minutes où tu peux me parler d’une chose. Dans ce contexte, personne d’autre que les gens qui te connaissent vraiment ne peut s’occuper de toi dans ton intégralité. Je trouve qu’en tant que pair, je peux être celui qui te demande : « Que vois-tu dans le miroir? Avant, tu voyais un caporal-chef. Que vois-tu maintenant? »
Tu voyais un technicien en cellules d’avion. Qu’est-ce que tu regardes? Tu n’y arriveras pas en huit minutes de consultation chez le médecin, mais le besoin est tel que ma liste compte désormais 80 personnes qui m’appellent. C’est ce que je regarde. Souvent, et vous n’avez pas toujours envie de l’entendre, mais parfois votre conjoint vous connaît vraiment, vraiment très bien, mais à un niveau de profondeur propre à cette relation. Y a des trucs que tu dis pas à ton conjoint, surtout des trucs sur ton conjoint.
Il y a des moments où j’aide un gars à décrire, comme je l’ai dit, à quoi ressemble sa pire semaine quand il s’agit de mettre la soupe sur le comptoir ou de conduire son gamin à l’école. Maintenant, j’entends des trucs de conseiller conjugal, ou qu’il ne ressent plus aucune fierté ni aucun but dans sa vie. Je ne sais pas quoi faire dans ce cas, mais d’un autre côté, comment je peux lui dire : « OK, à plus, je dois prendre cinq jours de congé pour Brian. »
Laryssa
Je pense que le défi que je me lance, c’est que si je ne prends pas le temps de prendre soin de moi, je vais finir par m’épuiser complètement et je ne serai plus là pour personne. Je ne rendrai service ni à moi-même, ni à mon conjoint, ni à mon lieu de travail, ni à quoi que ce soit d’autre. C’est une leçon. Littéralement, en ce moment, j’essaie d’apprendre ça. Je pense que ça peut se manifester de différentes façons. Si on en fait trop, on peut être plus irritable, tomber malade, ce genre de choses. Comment tu gères ça? Est-ce que tu commences à prendre du recul ou est-ce que tu as toujours l’impression d’en faire trop?
Brian
Je suis nul à ça. Je pense que ce qui se passe, c’est que je sais mieux quand je suis sur le point d’aller trop loin. J’ai aussi mieux réussi à établir certaines limites. Je déteste le mot « limite » parce qu’il ne définit pas vraiment ce que je fais. Il n’y a pas de zones interdites. Je ne m’engage pas là-dedans. On ne va pas discuter parce que tu as dépassé cette limite.
Laryssa
C’est une limite. Bien sûr.
Brian
Tu es foutu si tu dépasses les bornes. Par exemple, si quelqu’un veut prendre une bière, je vais prendre une bière. Ça me va très bien. Je suis votre homme. Je ne prends jamais d’appels téléphoniques d’ivrognes. Cette conversation n’a aucun intérêt. Elle n’a aucune valeur. Si nous voulons vraiment répondre à certaines de ces questions, nous devons nous plonger dans le sujet, elles vont vous emmener là où ce lubrifiant social allait vous emmener.
Je ne fais pas ça du tout. Ne m’appelle pas après les heures de bureau, car j’ai besoin de ce temps pour moi. Une règle à laquelle je me tiens, et qui m’a beaucoup aidé, c’est que je t’aide à lire les lettres qui viennent du gouvernement, car elles peuvent parfois être un peu compliquées, mais je ne passerai pas tes coups de fil à ta place. Je ne vais pas attendre 40 minutes que la musique d’ascenseur s’arrête pour parler à quelqu’un et prendre un rendez-vous pour toi. Si tu veux l’aide de Brian, tu dois respecter ce code de conduite. C’est là que j’ai réussi.
Là où j’échoue encore, c’est quand quelqu’un me dit, comme ce jour du Souvenir, « Hé, on peut se parler demain? J’ai un pote qui a besoin d’aide. » Je n’arrive pas encore à dire « non », je vais au moins me renseigner, et c’est ce que j’ai fait. J’ai encore du mal avec ça. C’est vraiment difficile pour moi. Mes potes sont en train de mourir. Leurs mariages tombent à l’eau. Ils sont sur le point d’avoir des conversations avec leurs enfants qui, s’ils se passent comme prévu, vont sûrement mal tourner. Est-ce que c’est le moment de prendre un café et d’aller dormir? Chaque fois que je me dis « OK, peut-être cinq minutes avec lui », je me retrouve avec un nouveau cas à gérer.
Laryssa
Je veux revenir un peu en arrière, même pour quelque chose qui n’est peut-être pas si important. Peut-être qu’il s’agit juste d’aider quelqu’un à lire une lettre qu’il a reçue, de le diriger vers une ressource dont il a besoin ou de passer un coup de fil pour lui. Il y a quelque chose à dire là-dessus. Ça fait du bien de pouvoir aider quelqu’un, mais en même temps, je pense que tu lui enlèves son autonomie et son éducation.
Beaucoup de gens, quand ils ne vont pas bien, que ce soit mentalement ou physiquement, demandent de l’aide parce que passer un coup de fil demande beaucoup d’énergie. Ça demande beaucoup d’énergie de chercher ou de faire des recherches sur une ressource ou quoi que ce soit d’autre. C’est juste plus facile pour eux de demander à quelqu’un d’autre. Si on le fait à leur place, on leur enlève en fait cette possibilité. Pour moi, en en faisant trop, encore une fois, je le pratique en ce moment même, les amis.
Je n’ai pas encore trouvé la solution. Tu peux me tenir responsable de ça. Je trouve que parfois, quand je ne fais rien ou que je prends du recul, ça oblige en fait l’autre personne à être responsable de son propre bien-être ou à prendre ses responsabilités pour faire avancer les choses, parce que je lui laisse un espace à remplir et que si je le fais à sa place, elle ne progressera jamais, je suppose.
Brian
L’une des choses difficiles dans la transition, c’est de gérer ses propres affaires, et personne ne t’apprend ça. Il n’y a pas de cours sur la façon de le faire. On croise tout le temps des soldats, des gars qui commandaient 120 hommes, mais qui n’ont jamais demandé de carte de santé, parce que pourquoi le feraient-ils? L’armée s’en chargeait pour eux. Quand on parle d’autres sujets, comme le préjudice moral, par exemple, je dis souvent aux gens qu’il y a plusieurs versions de Brian.
Il y a l’adjudant ceci, l’adjudant à la retraite cela, bien sûr, le voisin, le frère, l’ami, tout ça. Mais aujourd’hui, si tu me demandes mon avis, c’est le vrai Brian qui va te répondre, ce n’est pas l’adjudant McKenna qui te guide et qui fait ça pour toi. C’était comme ça. On était dans un système où le sergent du peloton te disait : « Vous allez chez le dentiste cette semaine parce qu’on va partir et vous êtes de la partie. Vous allez faire le hangar à gaz. Vous allez sur ce champ de tir. » Les capacités qu’on exigeait de ces gens étaient tellement intenses qu’on réglementait leur vie pour qu’ils puissent se concentrer…
Laryssa
Une des choses.
Brian
-laisser toute leur matière grise pour les trucs qui vont être compliqués. D’ailleurs, on fait ça en organisant leur vie à leur place. Je ne fais plus ça. Je vais t’aider à prendre ta vie en main, mais si ce que tu veux vraiment, c’est que je le fasse à ta place, c’est non. Je suis peut-être meilleur que je ne le pensais, mais au moins, je fais ça. Je vois des gens qui me contactent et je leur dis : « Voici mes limites, et je vais t’aider à faire ces choses. » C’est le genre de services que je propose. Prenons ça, mais certains disparaissent parce qu’ils cherchaient le sergent de peloton. Il a pris sa retraite.
Laryssa
Oui. Pendant qu’on discute, j’espère que les gens qui nous écoutent trouveront notre conversation utile, qu’ils soient des pairs aidants, des défenseurs des vétérans, qu’ils soient dans leur milieu de travail actuel ou qu’ils soient des membres de la famille qui en font trop. J’espère vraiment que cette conversation parlera aux gens, peu importe leur rôle actuel.
Brian
C’est drôle, parce que pendant qu’on venait ici en voiture et qu’on parlait de certains points, t’as dit un truc sur la route, et je pense que c’est parce que tu conduisais et que t’avais l’esprit ailleurs, donc ça t’est venu comme ça. Souvent, c’est là que les perles de sagesse sortent. Tu as dit que ce n’était pas tant une question de saisir cette grande chose, mais que le fait de vouloir en faire trop commence par de petites choses, par exemple : « Aujourd’hui, je vais préparer tous les déjeuners, et probablement demain aussi. » Tu m’as décrit ça, ou du moins c’est ce que j’ai compris, comme si pour toi, c’était l’ensemble de tout ce que tu as à faire après avoir grignoté toutes ces choses que tu vas entreprendre. C’est ce que tu voulais dire?
Laryssa
Ouais. Quand tu dis ça, je me vois à un buffet ou un smorgasbord. Je me dis que je vais juste prendre un peu de macaroni au fromage…
Brian
Tout à coup, le buffet est vide et ton estomac est plein.
Laryssa
Ouais, mon assiette est bien trop remplie. En fait, c’est peut-être ça, l’analogie. T’as juste l’intention de prendre un peu de tout, et avant même de t’en rendre compte, ton assiette est pleine et tu te retrouves avec plus que ce que tu peux manger. Ouais, c’est ça. Comme je le disais au début de notre conversation aujourd’hui, peu importe qui vous tient à cœur… Je pense que c’est pour ça qu’on prend plus qu’on ne peut en faire. Peu importe qui vous tient à cœur, je vais juste prendre cette petite chose.
Je vais juste m’occuper de ce petit truc. Ça va être facile pour moi de téléphoner et de prendre ce rendez-vous. Ça va être facile pour moi de préparer le déjeuner. Ça va être facile pour moi de faire tout ce que j’ai à faire. Avant même de t’en rendre compte, tu gères des dizaines de petites choses, ce qui peut en fait être vraiment accablant. Il serait peut-être plus facile de se concentrer sur une ou deux tâches plus importantes, mais c’est exactement ça, Brian. C’est exactement ce que j’ai vécu. Je vais juste m’occuper de cette petite chose, de cette autre petite chose, et avant même de t’en rendre compte, c’est déjà trop.
Brian
Je pense que c’est aussi difficile pour les autres, parce que quand quelqu’un me demande : « OK, qu’est-ce que tu ne peux plus faire? », je sais tout de suite qu’il ne comprend pas ce qu’est la santé mentale. J’en suis déjà arrivé à cette conclusion, parce que je peux peut-être me motiver pour faire la plupart des choses. Je peux peut-être faire preuve de cette résilience destructrice dont on parlait, mais je dirais que c’est en grande partie faux.
Tu fais comme si t’étais aussi résilient que tu voudrais l’être, mais c’est presque du déni. Je repousse le moment d’aller chez le médecin parce que j’aide ces neuf gars-là. Ils ont besoin de moi et comptent sur mes conseils, donc je dois aller mieux. Puis tu te rends compte que tu n’es pas allé chez le médecin depuis X temps. Je trouve que c’est un peu ça. Qu’est-ce que t’en penses?
Laryssa
Je pense que pour certaines personnes, ça peut jouer un rôle. Je pense qu’il y a plein de trucs qui entrent en jeu. Je pense que ça peut être l’ego ou la fierté que les gens se tournent vers toi pour de l’aide. Je pense qu’il y a ça, comme je l’ai dit, le fait que ça fait du bien d’aider quelqu’un d’autre. Tu peux être en difficulté, mais quand tu ressens cette petite satisfaction personnelle et que tu vois quelqu’un d’autre, ça te remplit un peu. Je pense qu’il s’agit de ne pas vouloir que les autres soient blessés, maltraités ou fatigués.
Comme je l’ai dit, l’exemple que j’ai donné du policier qui dit « Envoyez-moi » ou du pompier qui dit « Envoyez-moi, n’envoyez pas la recrue, car ce qu’elle va voir va la traumatiser ». Je ne veux pas que ça arrive. C’est peut-être un peu comme une mentalité de Superman, dans une certaine mesure. Je pense qu’il y a plein de raisons différentes… Cette résilience destructrice, comme je l’ai dit, c’est un terme nouveau pour moi, et j’y réfléchis, mais je pense qu’il y a plein de raisons différentes qui peuvent expliquer pourquoi les gens en arrivent là.
Brian
Comme je te l’ai dit, c’est vraiment difficile. Si tu prends l’exemple d’un sergent-major de compagnie, c’est en gros l’âme et l’esprit de 120 personnes, pas le commandant, c’est le boulot du major, mais y a cette personne en arrière-plan qui approuve ce qui se passe ou qui secoue légèrement la tête quand les choses risquent de mal tourner, cette personne a un pouvoir et une influence incroyables et ne parle pas beaucoup, c’est un peu comme un grand-père, si tu veux.
J’adore ce rôle. Je le fais super bien. Quand je suis rentré à la maison et que je n’ai pas pu organiser une visite chez le boucher parce que l’odeur là-bas me dérange vraiment et que j’ai un enfant de six ans que j’envoie acheter différentes choses de ce côté du magasin, ça ne me fait pas vraiment plaisir, moi qui étais le grand-père de 120 gars, de voir maintenant un enfant de six ans aller chercher des trucs pour moi, et un enfant de quatre ans à qui on a appris à réveiller papa parce que papa panique le matin.
Quand je pense à tout ce que je faisais avant, comparé à ce que je ressens maintenant, c’est pas super agréable, mais quand je reprends le dessus et que je commence à aider ce gars, je retrouve mon équipe. J’aime bien être avec des soldats et j’aime bien quand ils me demandent de l’aide. Et voilà que je me retrouve dans le même environnement qu’avant, mais au lieu d’ordres, de leçons et tout ça, maintenant, c’est : « Voilà ce que fait ce programme, voilà comment remplir ce formulaire, etc. ». Pour être honnête, je crois que j’essayais de recréer mon peloton et de retrouver ce qui me donnait un but. C’est le moment de vraiment se demander : est-ce que j’aide ou est-ce que je change les choses pour retrouver cette sensation?
Laryssa
Je pense que c’est une bonne idée de lancer cette réflexion. J’aimerais aussi te poser une autre question qui m’intéresse. On a beaucoup parlé d’aider les autres, de ne pas se surmener, et la conversation a tourné autour de l’aide aux autres. Tu penses que pour un vétéran qui essaie de se remettre, je vois beaucoup de vétérans participer à cinq activités de bien-être différentes. Tu penses qu’il y a là un élément qui pourrait les amener à se surmener? Tu vois où je veux en venir?
Brian
Je crois que oui. Ce que je comprends, c’est que normalement, quand tu suis un programme, disons que tu suis un programme où tu passes cinq jours d’affilée en groupe, puis tu as trois semaines de pause. Cette pause de trois semaines fait partie du programme. Ce médecin a fait en sorte que si on voulait que tu reviennes dans trois jours, il y aurait une pause de trois jours. C’est cinq jours de cours, 21 jours de pause, puis cinq jours de cours à nouveau. Tout ce programme, que j’ai décrit, dure un mois et demi.
Souvent, ils ne te le disent pas, donc c’est leur faute. On doit expliquer ça aux gens. Les soldats suivent les ordres. Ils font ce qu’on leur dit de faire. Si tu veux qu’ils prennent une pause, tu dois le préciser dans les instructions. Souvent, pendant ces trois semaines, ils s’inscrivent à un programme de chiens d’assistance. Maintenant, ils aident Buddy avec sa demande. Tu ne fais pas le boulot. Tu ne fais pas le boulot parce qu’une partie du boulot, c’est le repos. Le repos forcé fait partie des ordres. C’est juste celui qui est toujours ignoré.
Cette partie de ta vie va être bizarre parce que l’exécution pourrait être la chose qui sera ignorée, et le repos forcé doit se faire tout le temps. Oui, c’est là que je dirais que ça a été problématique. En fait, c’est un médecin d’un programme auquel je participais qui m’a dit ça. On a travaillé avec lui, le Dr Black. C’est un gars super. Ce n’est pas comme le Dr Pink, d’ailleurs, dans un film où j’utilise un mot de code. En fait, son nom de famille est Black. Il travaille beaucoup avec les vétérans. Un jour, il m’a dit exactement ça. Il m’a dit : « Le temps d’arrêt est intentionnel. Si tu remplis des formulaires, que tu fais des pauses café et tout ça, ce sont des trucs super, mais cette pause fait partie du traitement. » Oui, j’ai raté mon coup sur ce coup-là.
Laryssa
Ce que j’espère, c’est que les gens qui écoutent le balado se sentent compris ou repartent avec une idée en tête, qu’ils se sentent écoutés et vus. Je pense que ce que je veux transmettre aux gens qui écoutent, c’est simplement les mettre au défi. Que vous soyez, comme je l’ai dit, un membre de la famille, des vétérans, des pairs aidants ou qui que ce soit d’autre, mettez-vous au défi, faites un peu d’introspection et peut-être une petite évaluation pour voir si vous ne vous surestimez pas.
Es-tu vraiment aussi efficace que tu le penses dans tous les domaines? Si tu prends un peu de recul, est-ce que tu pourrais être plus efficace en faisant moins? Je me parle encore à moi-même. Je veux juste dire à ceux qui m’écoutent que je n’ai pas encore trouvé la réponse à cette question et que je suis connu pour me disperser. Cette conversation m’a été utile, en fait, et m’a permis de prendre conscience de certaines choses.
Brian
Oui, je pense que j’aime faire le lien entre les choses et ce que les gens connaissent. Un des trucs importants dans la façon de se battre, c’est de toujours garder une réserve. Dès que tu utilises cette réserve, tu la reconstitues. L’armée, à tout moment, a des groupes spécifiques de personnes et d’équipements prêts à partir quelque part. Dès que tu les envoies, une activité frénétique s’emballe pour reconstituer ce groupe de personnes, cette réserve.
Pour ce qui est de la réserve, franchement, je n’ai personne à appeler qui puisse me donner du temps libre et me permettre de me reposer. Je peux appeler mes potes, et je le fais régulièrement. Mon réseau de soutien entre pairs, j’ai la chance d’avoir beaucoup d’aide. Aucun de ces gars ne peut résoudre mon problème de fatigue. Ma réserve cognitive, ma capacité à aider n’importe qui à l’avenir, exige que je ne me retrouve pas à l’hôpital demain sans raison. Je demande aux gens de voir les choses comme ça. Si tu veux être un super soldat et résoudre tous les problèmes de tout le monde aujourd’hui, ce n’est pas comme ça que fonctionne le monde de l’administration.
Je veux que tu gardes ton équilibre, que tu gardes ta réserve. Dès que tu t’engages dans quelque chose que tu penses être une urgence, ta prochaine priorité au boulot, c’est de reconstituer cette réserve. En gros, tu dois manger, tu dois dormir, tu dois faire une pause, parce que mon réseau de soutien entre pairs est tellement utile et important pour moi que j’aurai besoin de ces gars dans cinq mois. Je ne veux pas être épuisé au point de ne plus pouvoir les aider. Je ne veux certainement pas qu’ils soient épuisés, car ils ne pourraient plus m’aider. Oui, on doit garder une réserve stratégique en nous, et cette réserve, c’est le repos. C’est ce que je pense.
Laryssa
Je trouve que c’est un super conseil pour finir notre conversation. Comme je l’ai dit, on doit faire cette auto-évaluation et savoir que parfois, on doit dire non et ne pas se lancer dans des projets trop ambitieux.
Brian
Oui. On doit être là les uns pour les autres. Il ne s’agit pas d’arrêter de défendre nos droits, mais de s’assurer qu’on peut continuer à se battre et s’entraider. C’était un autre épisode de « L’esprit au-delà de la mission ».
Laryssa
Merci de nous avoir rejoints pour un nouvel épisode de « L’esprit au-delà de la mission ». On veut juste remercier « Pop Up Podcasting » et Courtney Wright, la productrice interne d’Atlas, pour leur aide.
Brian
Ils sont pas mal, je suppose.
Laryssa
Ils ne sont pas mal.
Brian
C’est eux qui t’ont poussé à faire ça?
Laryssa
Non, ils n’ont pas fait ça.
Brian
Non.
Laryssa
De mon propre chef, mais ça pourrait peut-être valoir un café chez Starbucks un jour ou l’autre.
Brian
D’accord. Je suis partant. En gros, on planifie tout ça, on détermine le sujet, puis on passe à l’action. Si vous pouvez les écouter de manière claire et bien montée, c’est uniquement grâce à ces gens formidables de Pop Up et à Courtney, qui veillent à ce que tout se passe bien. On vous adore. Merci pour votre aide.
Laryssa
Un grand merci. À plus tard.
Brian
Nous espérons que vous avez aimé cet épisode de L’esprit au-delà de la mission.
Laryssa
Si cette conversation vous a interpellé ou vous a aidé d’une manière ou d’une autre, je vous encourage à vous abonner à L’esprit au-delà de la mission sur votre plateforme de balados préférée, afin d’être le premier informé de la sortie de notre prochain épisode.
Brian
Si tu connais quelqu’un qui pourrait s’identifier à ce qu’on a partagé ou qui pourrait trouver ça utile, n’hésite pas à lui envoyer. Nous sommes tous dans la même équipe.
Laryssa
De plus, on aimerait beaucoup savoir quels autres sujets tu aimerais qu’on aborde dans les prochains épisodes. Brian et moi avons plein d’idées et de sujets qu’on prévoit d’approfondir, mais toi, qui nous écoutes, tu as sûrement vécu ou pensé à des sujets qui ne nous sont pas encore venus à l’esprit.
Brian
Si c’est le cas, n’hésite pas à nous contacter. On est sur les réseaux sociaux @atlasveteransca sur la plupart des plateformes, alors n’hésite pas à nous envoyer un tweet, un message ou à laisser un commentaire sur cet épisode, et à nous dire de quoi d’autre tu aimerais qu’on parle.
Laryssa
Brian, c’est toujours un plaisir de discuter de sujets importants avec toi. J’ai hâte de te revoir.
Brian
Bien sûr, Laryssa. Prends soin de toi.


