La violence conjugale, aussi appelée violence entre conjoints ou violence dans le couple, désigne tout comportement manifesté dans une relation intime causant un préjudice physique, psychologique ou sexuel, pendant ou après la fin de la relation.

Les personnes qui font subir de la violence conjugale à leur partenaire sont souvent appelées agresseurs ou agresseuses, et les personnes qui la subissent sont appelées victimes, bien que certaines d’entre elles préfèrent être appelées survivants ou survivantes. Certaines personnes peuvent à la fois causer et subir la violence conjugale.

Quelle est l’incidence de la violence conjugale dans les milieux de militaires et de vétérans?

Résumé des preuves pertinentes : La violence conjugale

Si vous croyez être en danger immédiat de subir de la violence conjugale, composez le 911;

Causes

Vous vivez de la violence conjugale si vous subissez ne serait-ce qu’un des comportements suivants:

  • Violence physique – lorsque la force est utilisée pour vous faire du mal, par exemple vous pousser, vous frapper, vous lancer des objets ou vous étouffer.
  • Violence ou contrainte sexuelle — lorsque votre partenaire vous menace, vous poursuit continuellement ou vous force à avoir des rapports sexuels.
  • Violence psychologique ou affective — lorsque des menaces, de l’intimidation et du contrôle sont utilisés pour altérer votre image de vous-même et votre bien-être, que ce soit en vous isolant de vos proches, en surveillant vos déplacements et en restreignant votre accès à l’argent.

Symptômes et réactions

Les conséquences de la violence conjugale vont au-delà de la violence réelle ou de la menace de violence. Voici ce que vous pouvez aussi éprouver:

  • Les femmes signalent un nombre accru de blessures, de douleurs et de maladies chroniques, ainsi que de problèmes gastro-intestinaux et gynécologiques (y compris une plus grande exposition aux infections transmissibles sexuellement)
  • Les hommes signalent une augmentation du nombre de maladies chroniques
  • Vous pouvez ressentir de la faiblesse ou être dans un état dépressif, éprouver plus d’anxiété ou ressentir le besoin de composer avec les sentiments difficiles en consommant de l’alcool ou des drogues.5, 13
  • Vous pouvez également ressentir des symptômes de stress post-traumatique.
  • Chez les hommes qui font subir de la violence conjugale, on observe des problèmes d’ordre professionnel, notamment un absentéisme accru, une productivité réduite et des difficultés de concentration.9
  • Les femmes victimes de violence conjugale signalent une instabilité à leur travail et à leur domicile.14, 15

Données statistiques

Effets généraux

Au-delà du traumatisme personnel, les personnes qui sont victimes ou survivantes de violence conjugale subissent aussi d’autres conséquences majeures. Ces conséquences sont inquiétantes au point où l’Organisation mondiale de la Santé a désigné la violence conjugale comme une préoccupation de santé publique mondiale importante, qui affecte négativement des millions de personnes chaque année.

Voici les faits:

  • Bien que les hommes cisgenres (c.-à-d. les personnes identifiées comme étant de sexe masculin à la naissance et qui s’identifient comme un homme) puissent être victimes de violence conjugale, les recherches montrent que les femmes, les personnes trans et les personnes non binaires sont plus susceptibles d’en subir les formes les plus graves.
  • Plus de 100 000 Canadiennes et Canadiens âgés de 15 à 89 ans ont subi de la violence conjugale en 2019, ce qui représentait 30 % de tous les crimes violents déclarés à la police.
  • La violence conjugale constitue un facteur important en ce qui concerne le fardeau de la maladie (coûts humains et économiques résultant d’une mauvaise santé) et les blessures non mortelles chez les femmes.
  • Les répercussions économiques de la violence conjugale sont immenses. Elles comprennent les coûts directs liés aux demandes reçues dans les systèmes de soins de santé, de santé mentale et de justice pénale. Il existe également de nombreux coûts indirects, comme les répercussions sur le travail (p. ex. : une productivité réduite). En 2009, on a estimé le coût de la violence conjugale au Canada à 7,4 milliards de dollars.

Personnes les plus à risque de subir de la violence conjugale

Si les femmes et les hommes peuvent tous deux être victimes de violence conjugale, les données des organismes (p. ex. : les cas de violence conjugale signalés à la police) indiquent couramment que la violence conjugale est utilisée principalement par les hommes à l’encontre des femmes. De plus,

  • les personnes appartenant à des minorités sexuelles signalent plus d’expériences de violence conjugale que les personnes ayant des relations hétérosexuelles;
  • les femmes handicapées sont plus susceptibles d’être victimes de violence conjugale que les hommes handicapés ou les femmes non handicapées;
  • les membres de groupes ethniques minoritaires sont plus susceptibles de subir de la violence conjugale;
  • un recours plus fréquent et plus sévère à la violence conjugale a été signalé dans les zones rurales, les groupes vulnérables de femmes rurales (p. ex. : les minorités ethniques) étant plus à risque;
  • les personnes victimes de violence conjugale dans les zones rurales ont tendance à avoir de moins bons bilans physiques et psychosociaux, ce qui peut s’expliquer par des taux plus élevés de consommation de drogues et d’alcool, ainsi que par l’offre insuffisante de services de soutien en matière de violence conjugale;
  • d’autres facteurs augmentent le risque de subir de la violence conjugale, notamment :
    • l’exposition à la violence conjugale à la maison pendant l’enfance;
    • de mauvais traitements subis pendant l’enfance;
    • la consommation d’alcool et de drogues;
    • l’état matrimonial et la discorde dans la relation (p. ex. : mauvaise entente conjugale, disputes fréquentes);
    • les événements stressants de la vie en dehors de la relation – comme les catastrophes naturelles (p. ex. feux de forêt, inondations, pandémies) – peuvent augmenter la probabilité de violence conjugale.

Contexte militaire

  • Les communautés de militaires et de vétérans sont plus susceptibles d’être exposées à la violence conjugale que la population générale. Cela est dû aux caractéristiques uniques et souvent stressantes de la culture militaire, comme le déploiement, la transition du retour et l’exposition au combat.
  • Les militaires et les vétérans signalent également un taux élevé de troubles de santé mentale, notamment le TSPT et les troubles liés à la consommation d’alcool. Ces deux derniers sont souvent en cause dans les cas de violence conjugale.
  • Il existe des obstacles à la divulgation de la violence conjugale chez les militaires et les vétérans ainsi qu’en contexte civil. Parmi ces obstacles, on note un manque d’information sur les services de soutien offerts et des difficultés d’accès aux services. En outre, la divulgation peut entraîner davantage de mauvais traitements de la part du partenaire violent, des craintes pour la sécurité des enfants et un stress financier à l’idée de perdre le soutien financier du partenair.

La pandémie de COVID-19

Les restrictions que nous impose la pandémie de COVID-19 sont susceptibles d’augmenter les risques de violence conjugale. Les consignes exigeant de rester à la maison ont maintenu les personnes victimes/survivantes et leur agresseur dans un espace restreint pendant de longues périodes. La distanciation sociale a entraîné un manque d’accès au soutien social à l’extérieur du domicile, et les licenciements ont provoqué un stress financier accru. Bien qu’aucune étude n’ait examiné spécifiquement les changements dans les taux de violence conjugale au sein des communautés de militaires et de vétérans, les tendances en contexte civil indiquent une augmentation de la violence conjugale.

Les conséquences à long terme de la pandémie de COVID-19 sur les personnes victimes/survivantes de violence conjugale et les agresseurs, en particulier chez les militaires et les vétérans, sont largement inconnues.

Contrer la violence conjugale

Une collaboration entre l’Institut Atlas et le Phoenix Australia – Centre for Posttraumatic Mental Health a été mise en place pour examiner la violence conjugale dans les communautés de militaires et de vétérans. Plus précisément, cette collaboration vise à :

  • effectuer un examen approfondi de la recherche concernant la prévalence de la violence conjugale dans les forces militaires. Bien que l’on se préoccupe de plus en plus de la violence conjugale chez les militaires et les vétérans, des incertitudes persistent quant à l’ampleur réelle de la problématique. En fournissant les meilleures estimations disponibles pour montrer l’étendue des cas de violence conjugale et l’urgence d’agir, nous pouvons aider les décideurs à mettre en œuvre des politiques et des programmes pour prévenir et traiter la violence conjugale.
  • élaborer un cadre de recherche visant à fournir des réponses à la violence conjugale dans les communautés de militaires et de vétérans, en mettant un accent particulier sur les services de santé. À ce jour, il n’existe pas de cadre permettant de comprendre les approches actuelles utilisées pour le dépistage, la prévention et le traitement de la violence conjugale chez les militaires et les vétérans. L’établissement d’un cadre permettra de s’appuyer sur les interventions fondées sur des données probantes en matière de violence conjugale au sein des services de santé militaires et de déterminer les domaines où les données empiriques font défaut;
  • bâtir des partenariats et un réseau de relations de collaboration intersectorielle, y compris la tenue d’une table ronde, qui soutiendra les travaux de recherche sur la violence conjugale dans les communautés de militaires et de vétérans.

Ressources externes

Si vous pensez être victime de violence conjugale ou craignez qu’une personne de votre entourage ne le soit et nécessite du soutien, voici quelques ressources à consulter :

Trouver des ressources

Consultez le centre de connaissances pour trouver d’autres renseignements fondés sur des données probantes ainsi que des feuillets d’information, des rapports et des conseils.