4 juin 2026 00:47:36 Épisode 38
Épisode 38 : Promouvoir la commémoration grâce à des récits percutants qui reposent au cimetière militaire national du Canada avec Nick McCarthy
Dans ce nouvel épisode de L’esprit au-delà de la mission, les hôtes Brian McKenna et Laryssa Lamrock sont accompagnés de Nick McCarthy, historien et directeur du marketing, des communications et des relations communautaires au cimetière Beechwood, le lieu d’accueil du cimetière national du Canada situé à Ottawa (Ontario). Ils discutent de l’importance des cimetières militaires, de la façon dont ils relient les Canadiens à leur histoire militaire et de l’évolution des façons dont la commémoration est encouragée, qu’il s’agisse d’honorer les histoires des vétérans et de leurs familles ou d’encourager la participation du public à des cérémonies ou de déployer des initiatives comme celles qui font participer les jeunes et les écoles aux activités de commémoration.
Nick raconte des histoires émouvantes de liens et de guérison en décrivant des événements qui ont eu lieu à Beechwood et en donnant des exemples de pratiques significatives entourant la commémoration. La conversation met en évidence l’importance de la guérison individuelle et collective, la valeur du partage d’histoires familiales et le besoin continu de favoriser des liens plus significatifs entre les militaires et les vétérans et les communautés civiles.
Thèmes clés
- L’importance et l’évolution du cimetière militaire national du Canada à Beechwood
- Raconter des histoires comme outil pour préserver l’histoire militaire et favoriser les liens
- Cérémonies commémoratives et occasions de participation pour les jeunes
- Traditions significatives sur les lieux de sépulture, comme laisser des pièces de monnaie et des pierres, et leur symbolisme
- Rendre hommage aux familles de militaires et de vétérans aux côtés des militaires dans les espaces commémoratifs
- L’importance de la technologie et des ressources accessibles pour la commémoration et l’éducation à l’histoire
- Le rôle des cimetières et des cérémonies dans le soutien de la santé mentale et de la guérison
Ressources
- Le cimetière militaire national au cimetière Beechwood : Renseignements sur le cimetière militaire national des Forces armées canadiennes (FAC), y compris les critères d’admissibilité pour les membres des FAC.
- Présentation vidéo sur le cimetière militaire national : Regardez une vidéo sur le cimetière militaire national qui présente ses quatre sections uniques.
- La Salle des drapeaux : Regardez une vidéo sur la Salle des drapeaux, un lieu qui répond exclusivement aux besoins commémoratifs des membres des FAC et des vétérans.
- Fondation commémorative Aucune pierre dans l’oubli : Grâce à la Fondation commémorative Aucune pierre dans l’oubli (NSLA), les élèves rendent hommage aux militaires canadiens tombés au combat et se rapprochent de l’histoire en déposant des coquelicots sur les pierres tombales des vétérans.
- Anciens combattants Canada : Renseignements sur le cimetière militaire national
- Programme ESPOIR des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (SBMFC) : Ce programme offre un soutien continu par les pairs et de l’éducation en matière de deuil aux membres des Forces armées canadiennes (FAC) et familles militaires endeuillés afin qu’ils puissent mieux comprendre le processus de deuil, et offre aussi des stratégies d’adaptation.
- MonDeuil.ca : Ressource gratuite d’apprentissage en ligne conçue par le Portail palliatif canadien qui présente divers modules pour vous aider à comprendre et à vivre votre deuil, à votre rythme.
- DeuilDesEnfants.ca : Ressource en ligne gratuite pour aider les parents à parler de la mort à leurs enfants.
- Histoires de vétérans et de familles : Visionnez des témoignages numériques de vétérans et de membres de leur famille des Forces armées canadiennes (FAC) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Dans leurs propres mots, ils partagent un fil conducteur de rétablissement et de résilience. En donnant vie à ces histoires, nous espérons soutenir les autres dans leur propre parcours.
Écouter sur
L’ESPRIT AU-DELÀ DE LA MISSION, ÉPISODE 38 – PROMOUVOIR LA COMMÉMORATION GRÂCE À DES RÉCITS PERCUTANTS QUI REPOSENT AU CIMETIÈRE MILITAIRE NATIONAL DU CANADA AVEC NICK MCCARTHY
Brian McKenna
Vous avez trouvé notre balado. Nous sommes L’esprit au-delà de la mission. Ce balado porte sur les vétérans et leurs familles, et plus particulièrement sur la santé mentale, ce qui se passe dans nos vies et dans nos têtes. Nous ne nous adressons pas à vous en tant que médecins ou professionnels. Nous vous parlons de ce que c’est que de vivre avec cela, et de ce que cela implique. Brian McKenna, 19 ans dans les Forces canadiennes. Je suis accompagné de ma compagne, Laryssa Lamrock.
Laryssa Lamrock
Je viens d’une famille de vétérans. Je suis fière d’avoir grandi dans le milieu militaire. Mon mari a servi dans les forces armées, je suis une maman militaire fière de l’être. Nous sommes vraiment ravis de présenter ce balado qui explore des sujets importants pour la communauté des vétérans et de leurs familles.
Brian
Rejoignez-nous pour discuter de la santé mentale du point de vue des vétérans et de leurs familles.
[musique]
Nous sommes de retour avec un nouvel épisode de L’esprit au-delà de la mission. Nous sommes en studio à Ottawa, ce qui correspond tout à fait à ma façon de faire.
Laryssa
Oui.
Brian
Nous sommes caféinés, ce qui est…
Laryssa
Pas tout à fait. Je dis juste que ce n’est pas encore tout à fait le cas, mais on y arrivera.
Brian
D’accord. Le seul café que tu as, c’est bon.
Laryssa
Oui. [petit rire] Merci, Brian.
Brian
Je veux m’attribuer le mérite de ton niveau de caféine. Nous recevons aujourd’hui Nick McCarthy. Nick est un homme qui s’y connaît très bien en histoire militaire. Il travaille en fait avec l’équipe de Beechwood. Beechwood, c’est le Cimetière national du Canada. À Beechwood, pas très loin d’ici, nous l’avons rejoint il y a quelques années pour un événement très émouvant, où nous avons pu découvrir le Cimetière national du Canada.
Ça m’a ouvert les yeux à bien des égards, et on va en parler. Je voulais discuter avec Nick aujourd’hui, parce que son engagement va bien au-delà de ce simple cimetière. Ça fait longtemps que je voulais aborder le sujet du lien entre le Canada et sa communauté militaire. Bienvenue. Merci d’être avec nous aujourd’hui.
Nick McCarthy
Merci de m’accueillir. C’était un super événement il y a quelques années. C’est un peu ambitieux pour ce balado, alors voyons ce qu’on peut faire.
Brian
Bon, tu vois… J’utilise souvent cette expression au travail pour décrire ce que ça fait de descendre les escaliers roulants. Ce que je veux dire par là, c’est que si tu pars faire le tour de la France pendant six mois, je m’attends à ce que tu en reviennes transformé. Tu pars en Afghanistan ou dans n’importe quel autre endroit de ce genre, puis tu rentres chez toi. Ça peut être un peu un choc de retrouver le Canada qui continue à faire ce qu’il fait d’habitude. Pour ma part, je me sentais déconnecté des gens en bas des escaliers roulants.
Ceux qui, tout comme moi ce matin, se frayaient un chemin à coups de coude vers le Starbucks pour essayer d’attraper leur vol. Je me suis surpris à penser quelque chose du genre : « Est-ce que ces gens savent où nous étions il y a quelques instants? » Je pense que la réponse, à bien des égards, est oui, le Canada le sait, mais il pourrait en savoir davantage. On pourrait peut-être mieux communiquer. Qu’en penses-tu?
Nick
Je suis tout à fait d’accord. Je pense que lorsqu’il s’agit de vraiment comprendre ce qui se passe au combat, de vraiment saisir ce qui se passe lors des missions militaires à travers le monde, on a tendance à sous-estimer l’importance du Canada. On regarde ce qu’on fait en Europe en ce moment, surtout en Lettonie, et les entraînements en Ukraine. On s’entraîne. Je pense que la plupart des Canadiens ont un sentiment de reconnaissance, un sentiment de devoir de se souvenir, mais est-ce qu’ils comprennent vraiment toute la complexité de la guerre, et ce que nos hommes et nos femmes vivent au quotidien? Je n’en suis pas sûr.
Je crois que ça s’améliore. Je crois que les gens commencent à vraiment comprendre que le Canada, en tant que puissance intermédiaire, fait partie de ces grandes forces armées, ce qu’on a toujours été. On avait une excellente réputation après la Seconde Guerre mondiale. On a continué sur cette lancée. On a des troupes qui servent partout dans le monde. Ce n’est pas pour rien qu’on nous demande d’envoyer des troupes, de former des gens et de leur enseigner l’art de la guerre à la canadienne.
Laryssa
Je suis curieuse, juste pour poser les bases. Tout d’abord, pourquoi un cimetière militaire national canadien est-il important? Explique-moi un peu plus en détail le lien entre l’histoire et la commémoration, comme tu viens de le mentionner, et ensuite on pourra approfondir le sujet. Pourquoi un cimetière militaire national est-il important? En quoi est-il différent? En quoi cela se rapporte-t-il à ton rôle d’historien?
Nick
Je vais commencer par Ottawa même. À l’époque où on s’y installait, Ottawa était avant tout un avant-poste militaire. Pense au Colonel By, au bâtiment du Corps des ingénieurs de l’armée. Dès sa création, Ottawa était destinée à être une installation militaire. Même la Colline du Parlement devait être une citadelle, un peu comme Québec.
Brian
Oui, un positionnement défendable.
Nick
Tu peux l’imaginer. C’est cette mentalité qui a donné naissance à Beechwood. Le tout premier monument que nous avons réalisé chez Beechwood était un monument dédié à l’artillerie. Les artilleurs adorent le fait que le premier monument militaire, et le plus ancien d’Ottawa, soit un monument dédié à l’artillerie. Ça fait toujours plaisir aux artilleurs. Au fil de cette lente évolution, on voit Beechwood commencer à accueillir des concessions familiales pour des militaires.
On commence à voir apparaître un fonds d’aide aux familles des soldats de l’après-Afrique du Sud et de l’après-Première Guerre mondiale. Il y a là des histoires tragiques, où le plus proche parent n’est autre que le ministre de la Défense. C’est un salon funéraire qui n’existe plus aujourd’hui. Il y a toutes ces histoires tragiques là-dedans, mais au moins, ils ont eu droit à des funérailles dignes. Puis, on fait un bond en avant jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, et on se retrouve à construire un cimetière militaire du Commonwealth, ce qui est logique puisqu’on forme des gens du monde entier pour qu’ils deviennent pilotes. On forme des gens à l’art de la guerre ici à Ottawa et dans la communauté.
Ensuite, on a aménagé une section réservée aux vétérans qui sont revenus après la guerre et qui sont morts au service de leur pays. Puis, en 2001, ils ont vraiment décidé de construire quelque chose d’important. C’est là qu’on trouve le Cimetière militaire national des Forces canadiennes, celui qui est moderne, le long, qui fait face à l’est : le soleil se lève au-dessus de nos pierres tombales. Ça les assèche et ça garantit qu’aucun soldat n’aura jamais froid. C’est une très vieille tradition. C’est vraiment conçu comme un cimetière régimentaire.
L’importance des cimetières militaires dans leur ensemble, qu’il s’agisse des cimetières de régiment dans notre communauté ou du Cimetière militaire national ici à Ottawa, c’est qu’on a besoin d’un lieu d’honneur. Quand tu as des gens qui viennent et qui ont servi partout au pays, partout dans le monde, ils ont sans aucun doute passé une partie de leur service ici à Ottawa, peut-être qu’ils se sont entraînés à Petawawa, qui est assez proche, disons.
Brian
Ou déployés depuis Trenton.
Nick
Exactement. L’idée, c’est d’avoir un espace où les gens sont réunis, mais aussi un lieu où on peut se souvenir d’eux, où ils peuvent être auprès de ceux avec qui ils ont servi, tout en étant enterrés ensemble d’une manière familière, comme on le voyait sur les champs de bataille avant 1970. C’est vraiment un endroit très important. Les cimetières eux-mêmes ont une fonction, et cette fonction est d’être un lieu de mémoire.
Les Français font les choses comme il faut. Ils ont cette expression qu’on appelle le devoir de souvenir. La différence avec les Français, c’est qu’ils rendent hommage à la mort de la personne, pas à son service. C’est là que notre cimetière militaire national est très différent. Nous, on rend hommage au service. C’est cette petite ligne, toutes ces années pendant lesquelles la personne a servi.
Brian
J’ai appris quelque chose quand je suis allé là-bas. L’une des questions que je t’avais posées quand on parlait de ce balado, c’était : comment faire pour que le Canadien moyen en sache juste un peu plus sur sa communauté militaire canadienne, quelque chose qu’il ignore peut-être? Je me promenais à Beechwood quand Huff et moi sommes allés là-bas pour faire le repérage pour cet événement. Le cimetière du SCRS se trouve là-haut. Ça m’a surpris. Je ne m’y attendais pas.
Dès que je l’ai vu, je me suis dit : « Bien sûr. Les espions du Canada doivent bien être quelque part. C’est le SCRS. Bien sûr qu’ils sont ici. » Bien sûr, c’est logique qu’il y ait le Service correctionnel du Canada, la GRC et toutes ces différentes institutions à travers le pays. C’est logique, mais je n’y avais jamais pensé avant de le voir. Je crois que c’est ça que je veux dire. En allant là-bas pour préparer un événement destiné à former mon équipe et mes collègues, j’ai moi-même appris des choses sur le Canada.
Nick
Je crois que c’est ça qui fait plaisir. Peu importe depuis combien de temps tu es dans le militaire, combien de temps tu as servi, ou ton niveau d’expérience. Il y a toujours des histoires à raconter, et il y a toujours des moments différents qu’on peut partager. Il y a quelques semaines, notre lieu sacré était plein. J’ai donné une conférence sur 200 ans d’histoire militaire à Beechwood. Il y avait des gens qui avaient servi dans le militaire pour l’Ordre de Saint-Georges.
Il y avait tout un tas de monde dans la salle, et même le général Hillier était là, lui qui a aussi son poste à Beechwood. Il s’est tourné vers moi et m’a dit : « Je ne savais même pas la moitié de tout ça. » Il a ajouté : « J’étais chef d’état-major de la Défense. » Je pense qu’il y a tellement d’histoires. Ce n’est pas parce qu’on ne les apprend pas. C’est parce qu’on ne les retient pas. Pour qu’on nous enseigne l’histoire d’une manière qui compte, c’est comme ça qu’on doit l’aborder.
Pour les dates, on a tous des superordinateurs dans la poche. On peut chercher sur Google. Tu peux trouver la date exacte. Ce sont les histoires qui comptent. Les individus, les régiments, les groupes, c’est comprendre les implications de, disons, l’opération Market Garden. Pourquoi cette opération était-elle si importante? Quel rôle avons-nous joué? On peut se pencher sur cette opération. On se penche sur la libération des Pays-Bas. On connaît les acteurs. On connaît les signataires.
Ensuite, on peut faire un bond en avant à Ottawa, à la même époque, où une princesse vient de naître. Encore une fois, ce sont tous ces moments-là. Je crois que même quand j’étais jeune et qu’on m’enseignait l’histoire, tout tournait autour de ces dates. On nous disait : « Ce sont ces dates qui comptent. C’est ça qu’on va te faire passer en examen. » [interférences]
Brian
D’accord. J’allais justement dire que j’ai l’impression que tu vas me faire passer un examen demain, et que je vais le rater.
Nick
Le plus important, c’est qu’on devrait expliquer aux gens les implications de tout ça, et ce que la guerre a représenté pour le Canada à un moment donné. Pourquoi la crête de Vimy était-elle si importante? La date, ça n’a pas d’importance. On peut toujours la vérifier. Que s’est-il passé à ce moment-là? Quel a été le sacrifice? Pourquoi ce monument est-il si important? Je pense que c’est ça, notre rôle. Quand tu te promènes à Beechwood, le Cimetière militaire national, tu es toujours confronté à ces personnes qui ont servi, qui sont soit mortes de leurs blessures, soit revenues d’Afghanistan. C’est assez émouvant, dans le sens où on a ce lien, et où les gens ne prennent pas le temps de s’arrêter pour réfléchir et en apprendre davantage sur ces personnes.
Laryssa
Je crois que c’est ce lien qui fait que cette date reste gravée dans les mémoires, qui fait que ces événements restent gravés dans les mémoires. Je tiens à te remercier d’être le gardien de tant de ces histoires. Tu avais aussi mentionné tout à l’heure que les cimetières militaires nationaux sont importants en tant que lieux d’honneur. Beechwood l’est assurément. Dès qu’on entre dans l’enceinte, on sent quelque chose de différent. C’est absolument magnifique. On ressent ce sentiment d’honneur et de respect rien qu’en se trouvant sur place. C’est très paisible et magnifique.
Pour revenir à ce lien, tu peux nous en dire plus? Quand on a fait cette tournée avec l’équipe d’Atlas, tu nous as raconté plein d’histoires vraiment captivantes. Ça te dirait de partager quelque chose qui permettrait de recréer un peu ce lien? Oui, je m’en tiendrai là.
Nick
Je vais te raconter quelques moments, et je pense que ça te donnera une idée. L’un de mes moments préférés, c’est quand j’attendais pour une visite guidée le jour du Souvenir. C’était la gouverneure générale de l’époque, je ne cherche pas à frimer, je dis juste qui c’était. J’attendais, tout simplement. C’était après ses obligations officielles. C’est quelque chose que la gouverneure générale fait chaque fois qu’on en a une nouvelle, une façon vraiment merveilleuse de procéder. Je leur fais faire une visite privée, sans médias, sans rien.
Brian
C’est le moment idéal, car un nouveau changement va se produire.
Nick
Exactement. Je suis là, debout, et une dame d’un certain âge s’approche de moi. Elle me dit : « Oh, tu attends qui? » Je discute un peu avec elle. Elle me dit : « J’ai un ami qui est enterré là-bas, c’était mon ancien voisin. » Je lui demande : « C’est qui? » Elle me répond : « Harry ». Je lui demande : « Harry qui? » Elle me répond : « Oh, c’était une sorte de général. » Je lui dis : « Harry Crerar, le commandant de la Première Division canadienne? » Elle me répond : « Oui, ça me dit quelque chose. » Je lui demande : « Comment tu l’as connu? » Elle me répond : « C’était le gentil vieux monsieur de notre quartier qui nous donnait des bonbons. »
Après la guerre, il a sillonné le pays, et ça l’a vraiment rendu plus humain. Pour ma part, je le voyais plutôt à la manière d’Omar Bradley. Si tu lis la biographie de Bradley, il y est question de Crerar comme l’un des plus grands esprits de la logistique de cette époque. Et c’est Omar Bradley qui en était lui-même un spécialiste. Je pense que c’est un moment marquant. Mon moment préféré, plus récent, remonte à quelques années. La princesse Margriet a dévoilé une plaque en l’honneur du général Foulkes devant les seuls descendants encore en vie du général Foulkes.
La princesse est venue ; la dernière fois qu’elle est venue à Ottawa, c’était justement un moment comme ça, parce qu’elle a rendu hommage à l’homme qui a libéré son pays. Les Néerlandais font les choses comme il faut. Chez eux, les enfants vont au cimetière. Ils s’occupent des tombes de guerre canadiennes. Ils enseignent notre rôle, mais ils accomplissent aussi des tâches sur le terrain. La princesse revient cette semaine. Il y aura beaucoup de choses à faire dans ce sens, c’est en quelque sorte l’un de ses derniers voyages, si tu veux. Ce sont certains de mes moments préférés.
Encore une fois, tout le monde a son histoire. On peut parler du caporal Jack. Le caporal Jack faisait partie de la Brigade du Diable ; c’était le seul membre de la Brigade du Diable sur la planète à porter le véritable insigne de la Brigade du Diable, pas celui d’enseigne, mais les doubles flèches sur la casquette, parce qu’ils n’ont pas existé assez longtemps pour avoir un insigne d’enseigne. C’était vraiment le cas à l’époque. C’est aussi, quand on a ces conversations avec les gens qui assistent à la cérémonie, qui en font partie, que ça prend tout son sens : ils se sentent connectés, les vétérans ont un endroit où aller, les militaires en service actif ont un endroit qui leur appartient, et qui n’appartient qu’à eux.
Brian
Pour moi, quand je fais le lien avec la santé mentale, c’est tout simplement évident. On travaille beaucoup ces derniers temps pour aider les gens à raconter leur histoire avec leurs propres mots. On s’assure que quand leur histoire est racontée, c’est bien la leur. C’est eux qui sont les éditeurs de leur histoire. C’est eux qui décident quand elle est utilisée. Qu’est-ce qu’on fait quand on n’est plus là? Au bout du compte, si ton histoire continue après ton départ, c’est que quelqu’un d’autre la raconte.
Je contemple le musée de la guerre ici en ville. J’ai des sentiments très mitigés quand je vois certaines des choses dans lesquelles j’ai dormi, conduit ou travaillé. D’abord, je me sens vraiment vieux. Comment mes affaires ont-elles bien pu finir dans un musée? C’est pourtant le cas. La fierté que j’en retire, c’est de me dire : « Bon, peut-être que quelqu’un racontera notre histoire. » J’ai toujours voulu raconter cette histoire, mais j’ai aussi beaucoup aimé prendre du recul et écouter comment quelqu’un d’autre la raconterait.
Je pense que c’est important, parce que quand on parle de Market Garden, et quand on parle de l’avancée à travers l’Italie, ça veut dire qu’un jour, on parlera de l’opération Méduse. On parlera de… Le Canada peut parler de ces choses-là. Je voulais te demander : qu’est-ce que tu constates aujourd’hui? On en a parlé tout à l’heure, et tu as dit que tu organisais des événements où la participation augmente. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais de ta part, mais je suis content de l’entendre. Qu’est-ce que tu constates, et à quoi attribues-tu cela?
Nick
Je crois qu’on gagne de plus en plus en visibilité. J’ai une vision qui me tient vraiment à cœur. J’adore ce que je fais. Ça se voit assez facilement. On se connaît depuis des années, donc tu peux le voir. On a vraiment mis l’accent là-dessus. On va commencer par les enseignants. Il y a des enseignants formidables partout dans le pays, et dans toute la ville, qui mettent en place des programmes et participent à des initiatives comme « No Stone Left Alone ».
Il y a quelques écoles secondaires qui parrainent une tombe. Ils font toutes les recherches. Ils découvrent où la personne a servi. En général, ça remonte à la Seconde Guerre mondiale, parce que ces dossiers sont accessibles au public, mais au moins, ils s’engagent. J’ai un prof qui vient chaque année, et je fais visiter les lieux aux élèves, et les élèves doivent me présenter les personnes… Les individus.
Brian
Intéressant.
Laryssa
D’accord.
Nick
Non seulement ils s’intéressent à la personne en tant qu’individu, mais ils examinent aussi comment elle s’inscrit dans le contexte plus large du conflit, ainsi que comment, quand et où elle a servi. Ça donne vraiment une vision globale, et on le constate de plus en plus. Je pense que la technologie y contribue. La base de données est accessible, ce qui permet de créer un peu plus de liens. Je pense aussi qu’on a ouvert cette cérémonie à beaucoup plus de gens.
Dès que tu commences à ne plus te contenter de laisser le régiment ou la section mener la cérémonie, mais que tu commences à inviter des gens. Tu commences à inviter le public. Tu commences à demander à un enfant de monter sur scène pour lire « L’engagement à se souvenir ». Pour moi, c’est toujours un moment incroyable. Je pense qu’on voit les choses évoluer. L’année dernière, notre cérémonie du Jour du Souvenir a attiré moins de monde, parce qu’il a neigé, mais on était quand même 3 500 personnes. On a déjà été 4 000. On se rapproche des 5 000 chaque année.
Encore une fois, ce qu’on fait, c’est qu’on commence l’année par ces petites cérémonies. Le 4 mai, on célèbre la Journée du Souvenir néerlandaise, en présence de la communauté néerlandaise, des membres du corps diplomatique, des enfants et des jeunes. Il faut toujours qu’il y ait un jeune. Ensuite, on dépose une couronne, et ça marque le début du programme de l’année. On enchaîne jusqu’en décembre avec différentes activités.
À chaque instant, les gens commencent à créer des liens. Ils commencent à comprendre. Ils commencent à réaliser que, même s’ils n’ont pas servi eux-mêmes ou si leur famille n’a pas servi, en tant que Canadiens, ils font partie de quelque chose de plus grand. Ils font partie d’un monde plus vaste. Ils font partie d’une culture plus large dont ils ne se rendaient pas forcément compte qu’ils en faisaient partie. Tu peux appliquer ça à la GRC, au Corps des prévôts, aux policiers militaires. Je sais que beaucoup de soldats n’aiment pas les policiers militaires, mais…
Brian
Eh bien, ça leur arrive de gâcher une fête de temps en temps. [petit rire]
Nick
Ils ont un rôle à jouer. Il y a le Corps des prévôts. Il y a tout un tas d’occasions différentes qu’on peut célébrer tout au long de l’année. Et puis, comme Ottawa accueille aussi l’ambassade, on a plein de petites cérémonies comme ça qui prennent de plus en plus d’ampleur. J’organise une cérémonie privée avec les Australiens et les Néo-Zélandais séparément la semaine précédant le jour du Souvenir, où on dépose des couronnes pour un service à l’aube, parce qu’à cette époque, l’aube, c’est vers 6 h du matin. C’est comme un service à 7 h.
Je pense que les gens sont simplement plus sensibilisés, et qu’ils se rendent plus souvent dans les cimetières. Ils en apprennent un peu plus. Ils s’en rendent compte. Je pense qu’il faut rendre tout ça plus accessible, en diffusant des petites histoires. On produit beaucoup de contenu vidéo, on publie beaucoup de billets de blogue. Tu peux voir qu’à l’occasion du Jour du Souvenir, notre trafic commence à monter en flèche. Les gens commencent à regarder les vidéos. Je pense qu’il y a un sentiment, et on en a un peu parlé, d’un besoin de se connecter à quelque chose de plus grand.
Je pense que quand on est Canadien, il y a ce que ça veut dire d’être Canadien, mais aussi le fait qu’on fait partie de cette grande famille militaire, disons, qui a si bien servi notre pays. Pense à ces moments de notre histoire où notre identité est spécifiquement liée à des campagnes militaires, de Vimy, qui est un succès, à Dieppe, que j’espère voir réévaluée sous un autre angle, en passant par la plage de Juno. Il n’y a rien de plus émouvant pour les Canadiens que de lier notre identité à ces moments qui ont forgé notre nation. Le militaire a été le moment qui a forgé la nation pour ces événements-là.
Brian
Lors d’une de mes missions en Afghanistan, je ne travaillais pas directement pour les Canadiens, mais au sein d’une organisation très multinationale. C’était un membre des Royal Marines, puis un soldat de l’armée française est venu me voir. On venait de perdre un Canadien pendant que j’étais là-bas. Ils m’ont dit que, selon eux, le Canada était la référence absolue en matière de ce que j’appellerais les cérémonies d’accueil et la « Route des héros ». Ils étaient vraiment impressionnés.
Ce qu’ils pensaient, c’est que les leurs rentraient de nuit, et qu’ils rentraient presque en cachette, comme s’ils voulaient ramener vite les dépouilles de ces soldats morts dans leurs pays. Ils écoutaient les nouvelles et voyaient les pompiers. Ça me touche rien que d’y penser. L’image que j’ai en tête en ce moment quand je pense aux gens qui se souviennent de notre conflit, ce sont des camions de pompiers sur les viaducs de l’autoroute ici en Ontario. Entendre d’autres pays dire : « Vous faites ça bien », c’était intéressant pour moi, mais ça m’amène à ce que tu viens de dire : « Les Néerlandais font ça bien. » Qu’est-ce que tu veux dire par là? À ton avis, qu’est-ce qu’on pourrait apprendre de ce que font les Néerlandais?
Nick
Je pense qu’on devrait commencer par la cérémonie de la rampe. La cérémonie de la rampe est une initiative canadienne. C’est nous qui l’avons mise en place. C’est le personnel médical en Afghanistan qui l’a mise au point après la perte de 16 soldats. Il faut se rappeler qu’on ne rapatriait pas les corps avant 1970. Si on trouve quelqu’un qui est décédé avant 1970, on l’enterre dans le cimetière militaire le plus proche de l’endroit où il a été retrouvé. C’est ce qu’on appelle le soutien à l’identification des victimes.
Brian
Oui, tu es mort en Corée, tu es toujours en Corée.
Nick
Jusqu’en 1970. Je crois que ce qui rendait la cérémonie de la rampe si émouvante, c’était son aspect visuel, mais c’était aussi une façon pour les Canadiens de tout le pays de rendre hommage. C’est ce qu’est devenue la Route des héros. Même quand Beechwood a construit notre allée menant au monument principal, ce n’est pas un hasard si c’est une rampe.
Brian
Oh, wow. D’accord. Je n’y avais pas pensé comme ça.
Nick
C’est une rampe pour une bonne raison, et c’est justement pour ça que c’est une rampe : pour reproduire la cérémonie de la rampe, en souvenir des soldats qu’on a perdus et qui reposent là-bas. Quand je dis « Les Néerlandais font ça bien », c’est à propos du programme éducatif. Je pense que c’est le lien avec les cimetières. C’est le fait de sortir. Comme la veille de Noël, tu verras des lumières sur les pierres tombales dans les cimetières canadiens. Ce sont les écoliers et les enseignants néerlandais qui font ça ensemble. La communauté s’implique.
Je crois qu’on commence à voir ça au Canada. Je pense qu’on prend de l’ampleur. Je suis fier d’être membre de « No Stone Left Alone ». Je suis le coordinateur régional pour l’Ontario. Depuis que j’occupe ce poste, l’Ontario a connu une croissance fulgurante. Encore une fois, j’ai accès au réseau des cimetières et je peux les convaincre de se joindre à nous. Ça n’est jamais un problème. Bien sûr, ils veulent voir du monde dans leurs cimetières.
Si tu as déjà mis le programme en place, quand un enseignant arrive. On a vu de plus en plus d’enfants participer à des cérémonies du Souvenir, voire en prendre la tête. Je crois que c’est ce qu’on oublie de faire. Ne mets pas les enfants de côté quand tu enseignes. Ne les force pas à porter un coquelicot par honte. Fais en sorte qu’ils viennent te dire : « J’ai besoin de porter un coquelicot. J’ai besoin de me souvenir. J’ai besoin de savoir pourquoi ces moments de l’histoire canadienne sont si importants. » Je pense que si tu demandes à un enfant de déposer une couronne en souvenir, ça change tout pour cet enfant. Un de mes…
Brian
Le vétérans regardent.
Nick
Le vétéran la regarde. Mes enfants ont toujours été entourés par le monde militaire. L’année dernière, ma fille a lu l’Acte du Souvenir lors de la cérémonie du Jour du Souvenir à Beechwood. Elle n’a pas levé les yeux avant d’avoir fini. Elle tournait le dos à la foule. Elle était assise face au monument, puis elle s’est levée et a lu. Elle s’en est très bien sortie. J’étais super fier d’elle. Puis, je l’ai vue lever les yeux, et elle a vu des vétérans, des soldats, des gens de la communauté. C’était un moment décisif pour elle. Elle s’est dit : « OK, je fais partie de quelque chose de plus grand. »
Laryssa
La connexion. Pendant que tu parlais, et comme tu l’as dit pendant qu’on se préparait, qu’on installait nos micros et tout ça, j’étais en train de boire mon… [interférences]
Nick
Fais du café.
Laryssa
-café, je t’ai parlé aussi vite que possible de la multitude d’événements organisés par Beechwood. Pendant qu’on discutait, je me disais que le lien que tu crées est vraiment voulu. C’est pour ça que de plus en plus de gens viennent à tes événements, que de plus en plus de jeunes et d’enfants veulent s’impliquer et demandent à porter le coquelicot. Je me souviens que quand j’étais à l’école, on m’avait demandé de lire l’Acte du Souvenir devant mon école.
Il n’y avait aucun lien là-dedans. On m’avait simplement demandé de faire quelque chose lors d’une assemblée, ce qui avait du sens pour moi, car mon père avait servi à l’époque. Je n’avais pas cette même connexion.
Je pense que c’est important pour les jeunes, quand ils viennent te voir pour te parler du soldat qu’ils ont choisi et qu’ils vont te présenter. Je pense qu’en faisant des recherches et en comprenant que c’était quelqu’un qui n’était peut-être pas beaucoup plus âgé qu’eux, qui avait peut-être des centres d’intérêt similaires et qui a laissé des frères et sœurs derrière lui. Oui, vous vous efforcez vraiment de créer des occasions de créer des liens et d’évoluer vers ce qui a du sens pour les jeunes aujourd’hui. Avant, c’était la lecture de l’Acte du Souvenir lors d’une assemblée, mais votre programme va bien au-delà de ça. On dirait qu’il y a tellement plus d’occasions tout au long de l’année, comme tu le disais.
Nick
On organise, je dirais, environ 150 événements par an ; ils ne sont pas tous liés aux forces armées, bien sûr, mais je dirais qu’un tiers d’entre eux le sont. Ça va des soirées historiques aux conférences, en passant par des projections de documentaires et, bien sûr, des cérémonies de commémoration, sans oublier de nombreuses visites guidées. Les Forces armées canadiennes ont été formidables. J’ai pu… Ils peuvent utiliser leur temps de formation pour venir à Beechwood, et je leur fais visiter les lieux.
J’ai eu les Padres, les CDS, les hauts gradés… Tu n’as qu’à demander, les services de santé aussi. C’est toujours un plaisir d’emmener les Padres visiter les lieux. Toute l’équipe, tout le monde. Je crois que l’année dernière, c’était 30 ou 40 groupes militaires qui ont fait ces visites privées avec nous. Ils voient par eux-mêmes à quel point ils sont liés. Je pense que l’objectif de toutes ces différentes cérémonies, c’est de pouvoir organiser des cérémonies individuelles pour différents moments.
On peut le faire pour commémorer les Néerlandais. On peut le faire pour commémorer les Ukrainiens, les Français, les Irlandais, les Anglais, etc. La bataille d’Angleterre, la bataille de l’Atlantique, etc. La Corée, l’Afghanistan. Mais le but, c’est surtout de toucher tout le monde pour qu’au 11 novembre, on soit tous unis, et qu’on ait commémoré tous ces moments. Maintenant, le jour du Souvenir, on est unis. C’est le seul.
Brian
On parlait tout à l’heure de vendredi. Tu as cette délégation ukrainienne qui va passer. La première chose que je me suis dite quand j’ai appris ça, c’est : « Bon, d’abord, on peut certainement pardonner aux Ukrainiens d’être un peu préoccupés par ce qu’ils vivent en ce moment. » Leur pays est attaqué, et pourtant ils viennent commémorer le Jour de la Victoire en Europe. Avec tout ce qui se passe en Ukraine en ce moment, ils viennent à Beechwood pour se souvenir de la Seconde Guerre mondiale et des sacrifices qui y ont été consentis. Pour moi, c’est extraordinaire.
C’est le genre de chose qui me fait un peu sourire, parce qu’il y a quelqu’un qui s’en soucie et qui se souvient. Je pense que c’est le lien entre ce qui se passe dans ton domaine et la santé mentale des vétérans aujourd’hui. C’est comme si, dans 50 ou 60 ans, les communautés au Canada se souvenaient encore de mes amis, et qu’un jeune parle peut-être des gens qu’on a perdus, et fasse un exposé au nouveau Nick McCarthy. C’est une histoire vraiment positive.
Nick
Je pense que si quelqu’un doit retenir quelque chose de cette discussion, c’est que les gens y tiennent vraiment. On ne le voit pas toujours, parce qu’on n’est pas sur place. En tant que personne qui s’y rend régulièrement, je vois à quel point un élève prend soin de déposer un coquelicot, de toucher la tombe, d’appeler le nom, tu vois? Que la personne soit décédée ou non, c’est une marque de respect envers le service. Je pense que c’est l’une de ces idées : si seulement les vétérans en difficulté pouvaient voir ce que les enfants voient quand ils regardent ces pierres tombales, et ressentir ce que ces enfants ressentent, je pense que ça changerait tout. C’est incroyable de voir ça. Je pense, encore une fois, que c’est la capacité à créer des liens. Je pense que c’est ce qu’on doit améliorer.
Laryssa
J’espère que ça ne te dérange pas et que c’est approprié que je parle d’un sujet qui m’a beaucoup touché. J’ai eu l’image d’enfants qui tendaient la main et prononçaient ce nom. J’ai aussi remarqué des pièces de monnaie posées sur les pierres tombales. Pour moi, je pense que c’est la forme ultime de lien et de respect. Tu peux nous en dire un peu plus là-dessus?
Nick
On a des pièces, et puis il y a aussi des gens qui déposent des pierres, donc deux traditions différentes. La première, ce sont les pierres, généralement associées à la tradition juive. Quand tu vas au cimetière, tu ramasses une pierre et tu la mets dans ta poche. C’est considéré comme une mitzvah. Comme on est une communauté très multiculturelle, tout le monde le fait maintenant. C’est juste une façon de dire à la famille qu’on est là.
Quant aux pièces elles-mêmes, c’est après la guerre du Vietnam que cette tradition a vu le jour dans les cimetières américains. Elle a vraiment été lancée par les vétérans afro-américains. C’était pour eux un moyen d’indiquer sur leur pierre tombale qui ils étaient et quels liens les unissaient. Plus il y avait de pièces, plus leur valeur était élevée, plus ça signifiait qu’ils étaient morts récemment. Chaque pièce a une signification différente. Soit tu as servi à leurs côtés, Soit tu as suivi l’entraînement de base avec eux, soit tu étais là le jour où ils sont morts. Encore une fois, c’est un moyen de communication incroyable. Pour ceux comme moi, tu peux voir et comprendre exactement ce qui se passe et qui vient leur rendre visite.
Laryssa
Je pense aussi aux familles. Si une famille va là-bas et voit les pièces qui s’y trouvaient, genre… [interférences]
Brian
Oui. Un de ses amis est venu cette année, parce qu’il y a cette pièce de cinq cents, c’est ça?
Laryssa
On s’est souvenu d’eux et on a pris soin d’eux. Oui.
Nick
C’est très émouvant. Il y a ça, et puis il y a le Jour du Souvenir, où les familles viennent et voient aussi un coquelicot déposé. C’est vraiment un moment fort. On nettoie les pierres tombales deux fois par an maintenant, à l’automne, avant le Jour du Souvenir. Le nombre de personnes qui viennent le dimanche matin et le dimanche après-midi pour ça est incroyable. Je crois que l’année dernière, on en comptait 400 chaque jour.
C’était juste un moment où les gens prenaient le temps de regarder la pierre tombale, de s’assurer qu’elle était propre, de la nettoyer, puis de passer à la suivante. Il y avait des vétérans. Il y avait des militaires en service. Il y avait des familles. Ça m’a frappé l’année dernière. Il y avait cette fille, dont le père était en service. Les médias lui ont demandé : « Pourquoi es-tu ici? » Elle a répondu : « Parce que je veux que quelqu’un nettoie la pierre tombale de mon père. »
Laryssa
Moi aussi.
Brian
Oui. Souvent, quand on regarde un endroit comme Beechwood, je trouve que votre terrain là-bas est magnifique. C’est époustouflant quand on arrive là-haut, surtout quand on passe la colline où se trouve ce grand [inaudible 00:30:06], et qu’on regarde en contrebas pour voir toutes ces rangées à perte de vue. Il y a des vétérans dans ce pays qui sont enterrés dans des tombes anonymes, n’est-ce pas? Comment cela peut-il arriver?
Nick
C’est une question intéressante, parce qu’il arrive parfois qu’on perde la trace de certaines personnes. Je vais prendre la GRC comme exemple. Le commissaire adjoint Ames, un haut gradé de la GRC, a pris sa retraite à Ottawa, a déménagé à Victoria et est décédé sans famille. Il y a un type, Joe Healy, qui gère la base de données des sépultures de la GRC, et il n’arrivait pas à le retrouver. Finalement, on l’a retrouvé dans un placard d’un salon funéraire ; il avait été incinéré parce qu’il n’y avait plus personne pour s’en occuper.
On a fini par le ramener à Beechwood. Il a été enterré avec les honneurs. On a un groupe de vétérans qui viennent et qui font la cérémonie. Ils font office de garde d’honneur. Je crois que c’est comme ça que ça se passe d’habitude. Les gens prennent leur retraite, perdent le contact ou ne s’occupent plus de ces services. Je ne veux pas faire de pub, mais tout le monde devrait s’organiser à l’avance pour savoir où on finira. Je pense que c’est important.
Je pense que certaines personnes ne reviennent tout simplement jamais de la guerre. Je pense que c’est un manque de services de santé mentale. C’est un manque de soutien. C’est un manque de liens. C’est dommage, parce que si tu penses au Last Post, l’objectif même du Last Post Fund était d’offrir des sépultures dignes. C’est toujours possible. Il y a le Last Post Fund. Ils font un travail incroyable. On a un service qui s’occupe d’eux, qui veille à ce qu’ils aient les honneurs qui leur reviennent, à ce qu’ils aient l’enterrement digne qu’ils méritent.
S’ils décèdent dans la rue et qu’ils n’ont pas de papiers d’identité, comment savoir s’ils ont servi? C’est une question difficile. Il n’y a pas de bonne réponse. Je pourrais dire qu’une maison pour vétérans est un excellent exemple d’endroit qui offre un refuge et un foyer aux vétérans en difficulté. Je pense qu’il y a toutes ces organisations qui commencent à voir le jour et qui font ce qu’il faut, qui agissent pour le bien du pays. Je pense que c’est un modèle qui peut être étendu.
Brian
Je pense que pour ce problème-là et d’autres liés à la santé mentale, c’est aux vétérans de savoir, dans une certaine mesure, comment s’y retrouver dans les systèmes et comment demander de l’aide. Ici, une chose qui me semble évidente, c’est que j’ai rencontré beaucoup de vétérans qui n’ont pas mis leur testament à jour depuis leur dernier déploiement, il y a 26 ans. Ce testament suffisait à l’armée pour savoir quoi faire de toi si tu venais à décéder en Croatie.
Maintenant, ta vie a changé et tu es passé à autre chose. Il est probablement temps de dépoussiérer tout ça et d’y jeter un œil. Mais je pense aussi qu’il faut être prêt à raconter nos histoires. La semaine du Jour du Souvenir, je te le dis, c’est là que les écoles nous contactent et qu’elles veulent que quelqu’un vienne leur parler. Tu en fais une ou deux, et tu refuses peut-être la troisième ou la quatrième. Comment penses-tu que les vétérans puissent s’impliquer en dehors de la semaine du Souvenir, en contribuant à raconter leur propre histoire?
Nick
Je crois que ce qu’il faut que les gens comprennent, c’est qu’on peut consulter le programme scolaire en ligne et voir quand on enseigne quoi. Je pense que tout le monde se dit : « Oh, mais ils n’enseignent l’histoire militaire que pendant la semaine des vétérans. » Tu as 11 jours par an. Ce n’est pas vrai. Ils l’enseignent dans le cadre de l’histoire du Canada. Si tu prends contact avec une école et que tu dis : « J’aimerais pouvoir venir faire une présentation. Si on aborde une période spécifique de l’histoire du Canada, je serais ravi de venir animer une petite session. »
Brian
Par exemple, ton école. Celle avec laquelle tu as un lien.
Nick
Exactement. Je pense que c’est un moyen simple pour les vétérans de partager leur histoire, parce que ce n’est pas juste qu’ils aient à s’engager à tant de choses la semaine du Jour du Souvenir, vu que c’est un jour de deuil. Le Jour du Souvenir, c’est un jour où les gens méritent cette dignité. Ils méritent ce moment où ils peuvent se recueillir. Ils peuvent aller à une cérémonie, y participer, y assister en tant que spectateurs ou en faire partie.
Je pense que c’est ça, la clé. Il faut aller à la rencontre des gens en dehors des périodes scolaires ou s’associer à des initiatives. On organise des événements « No Stone Left Alone » en Ontario au mois de mai dans le cadre de cette saison, pour que les écoles puissent faire des activités à la fin de l’année scolaire. Je vais accueillir des groupes scolaires à la mi-juin pour des visites guidées, en guise de clôture de la saison et de fin d’année scolaire, pour qu’ils puissent faire le lien entre tout ça.
Brian
Tu penses que, pour Beechwood, l’accès en ligne va s’améliorer au fil du temps? C’est super pour un prof de secondaire qui habite juste à côté, mais qu’est-ce qu’un enseignant qui travaille à Vancouver peut faire?
Nick
Nous travaillons actuellement à la mise en place d’un partenariat complet avec Memory Anchor. Memory Anchor est une application que tu peux télécharger. Elle inclura l’application Beechwood Explorer. Tu pourras ainsi visiter les pierres tombales. Certains monuments sont entièrement en réalité virtuelle, ce qui te permettra de les faire apparaître sur ta table via ton téléphone portable —
Brian
Oh, wow.
Nick
— et jette un œil. Certains de nos monuments sont déjà comme ça. On y travaille. J’ai refait le site la semaine dernière. Ça commence à prendre forme. Ça revient là où je veux que ce soit. Je pense qu’il y a tellement de ressources disponibles. Bien sûr, Beechwood. Je vais faire la promo de Beechwood. On a un blogue. On a un Substack, Instagram, Twitter, une chaîne YouTube complète où on raconte ces histoires, et on les partage par petites doses.
On a des vues aériennes prises par drone. On va refaire des prises de vue par drone de notre secteur, parce qu’on a d’autres sites que je veux absolument mettre en valeur. Je pense que… Si tu es en Colombie-Britannique, trouve ton cimetière local, contacte-les, va y jeter un œil, parce que ce service est disponible partout au pays. Je ne connais aucun cimetière au Canada qui n’ait pas au moins une pierre tombale d’un militaire.
Je pense qu’il faut aussi y jeter un œil et se rendre compte que, parfois, ce n’est pas la pierre tombale en granit traditionnelle que nous connaissons tous. Parfois, c’est la famille qui inscrit les informations sur la pierre tombale. Je pense à Frederick Sherwood. C’était un sous-marinier, le sous-marinier le plus décoré du Canada, à Halifax. Le centre de formation des sous-mariniers s’appelle d’ailleurs le Centre de formation Frederick Sherwood.
Il est enterré à Beechwood, tout simplement Frederick Sherwood. Je n’aurais jamais deviné qu’il était le sous-marinier le plus décoré du Canada. Je suis tombé par hasard sur sa famille qui venait lui rendre visite. Ils m’ont dit : « Eh bien… », et m’ont raconté l’histoire. Je leur ai dit : « D’accord, j’ai envie d’en savoir plus. » Ils m’ont répondu : « T’inquiète pas, je t’apporterai un livre. » J’adore quand on m’apporte un livre d’histoire. Je suis toujours partant pour ça. Je ne m’en prive pas. [petit rire]
Ils partagent ce livre formidable. C’est toute l’histoire de cette personne. J’ai lu le livre tout de suite, puis j’ai réalisé une vidéo complète sur lui, pour qu’on puisse connaître son histoire et savoir où il se trouve. À terme, tout ça sera associé à Memory Anchor. La vidéo y sera, l’histoire aussi, et ensuite la famille pourra ajouter des commentaires, tout comme la communauté.
Laryssa
J’aimerais aborder un peu l’autre facette de l’histoire. Je pense que les familles de militaires ont beaucoup d’histoires à raconter. Par exemple, à travers certains moments clés de l’histoire, comme la Première Guerre mondiale ou la Seconde Guerre mondiale, ces familles ont maintenu le cap. Beaucoup de femmes qui travaillaient dans les usines d’armement ont elles aussi des histoires incroyables à raconter. Il semble qu’il y ait eu une certaine évolution, notamment à Beechwood, sur la manière dont les familles sont intégrées. On discutait tout à l’heure du fait qu’autrefois, les cimetières militaires étaient réservés aux personnes ayant servi, mais les choses ont un peu changé.
Nick
Quand on pense à l’évolution des cimetières militaires, la plupart des gens pensent à Arlington, ce grand cimetière américain. C’est une base militaire. C’est un avantage direct. Plus tu sers longtemps, plus tu as de chances de finir dans une tombe. C’est la règle d’Arlington. Quand un conjoint meurt, il n’est pas tourné vers l’avant, mais quand le militaire meurt, la pierre tombale est retournée : le conjoint est désormais tourné vers l’arrière, et le militaire, celui qui est en service, est tourné vers l’avant. C’est la manière américaine.
Dans le milieu militaire, d’où vient notre modèle, c’était toujours le militaire lui-même, car la famille n’était pas là. À Beechwood, quand on a mis en place le système, on a défini la notion de « proche désigné ». C’est la personne que tu considères comme importante pour toi. Si tu fais le tour, tu verras des fils et des filles. Tu verras, bien sûr, des conjoints. Et la plupart du temps, il s’agit de couples où les deux conjoints sont militaires.
Tu auras l’ironie de voir un insigne de la Marine et un de l’Armée de l’air superposés. Il n’y a pas de règle précise sur qui doit aller par-dessus. C’est une décision qui revient à la famille. Je vais te dire une chose : Beechwood ne dira jamais à une famille qui doit aller par-dessus. Le grade n’a aucune importance. C’est ton affaire. On n’est pas assez payés pour s’immiscer dans cette dynamique familiale. Je plaisante, c’est tout. Je pense que quand on regarde les cimetières régimentaires, ils sont en train de passer au « plus un », ce qui est une grande avancée.
On envisage d’agrandir notre section militaire jusqu’à la parcelle 109, ce qui correspond à la prochaine étape. Il est question d’aménager des concessions familiales. Ça va être une autre évolution à venir. Ensuite, tu as mentionné le cimetière du SCRS et celui de la GRC. Ce ne sont pas des cimetières régimentaires. Ce sont des cimetières commémoratifs nationaux. En fait, quand on a conçu ces cimetières en collaboration avec la GRC, les vétérans et tout ça, on les a conçus pour qu’ils puissent accueillir des familles entières. C’est toute la famille qui est réunie.
L’idée, c’est qu’on ne sert pas tout seul. On sert, et la famille aussi.
Laryssa
Tu m’as enlevé les mots de la bouche, Nick.
Nick
Je veille toujours à remercier les familles pour leur service. Quand j’anime un événement, je prends toujours le temps de les remercier, pour rendre hommage à ce qu’elles ont fait. On essaie de faire en sorte que les familles déposent une couronne, ou qu’elles rendent hommage à la mémoire de leurs proches, ou quelque chose comme ça. À la GRC, quand on organise des services ou des cérémonies avec eux, il y a toujours une couronne pour les familles. C’est super simple, super facile, mais ça reconnaît le rôle que jouent les familles en tenant le fort, pour que quand quelqu’un est en mission, à l’étranger ou au travail, il n’ait rien à craindre à la maison.
Brian
Pour conclure, j’aimerais prendre quelques instants pour parler de la guérison. Dans des lieux comme Beechwood, ce qu’on y fait est évident. On y enterre le défunt, et on le fait comme il se doit. Que signifie « les honneurs militaires »? Eh bien, ça veut dire que s’ils étaient encore là, ils verraient qu’on leur rend les honneurs comme il se doit. C’est aussi pour toutes les autres personnes présentes dans la salle, ou toutes celles qui se trouvent sur place.
Que constates-tu en matière de guérison dans ton travail? Que vois-tu se passer à cet égard? Remarques-tu une différence entre les séances elles-mêmes et le moment où quelqu’un revient, disons, un mois ou deux plus tard, de son propre chef, pour profiter d’un moment de calme? Que constates-tu là-dedans?
Nick
Tout d’abord, quand on parle de deuil, il faut savoir que chacun le vit à sa manière. Je pense que ceux qui disent qu’il y a un calendrier pour le deuil ne comprennent pas ce qu’est le deuil. Les gens vont… Ça va et ça vient. Il y a des moments qui te marquent. Je pense que c’est une chose. Le service militaire, la cérémonie funéraire elle-même, je pense que c’est important. Ça apporte le respect et la dignité que la personne mérite, qu’elle a gagnés. Je pense que c’est une chose.
Beechwood fait aussi les choses un peu différemment, car les vétérans ont droit à une cérémonie aux accents militaires. Pas besoin de mourir en service pour avoir droit à la fanfare, au joueur de cornemuse, au clairon, et tout ça. Je pense qu’en matière de deuil, il y a différents moments tout au long de l’année. On organise un événement intitulé « Soldiers of Suicide », pour rendre hommage aux soldats qui sont morts par suicide, en comprenant que ce suicide n’existe qu’à cause de leur service.
On demande aux familles de nous envoyer des photos, qu’on projette ensuite sur le monument. C’est une cérémonie vraiment très belle. On a aussi des services de santé mentale sur place, ainsi que l’Ambulance Saint-Jean et Hope. Ils sont tous là pour parler aux familles et leur faire comprendre qu’ils sont là pour elles. Des moments comme ça sont très apaisants. On a déjà eu… Cette cérémonie a réuni trois personnes. Elle a aussi réuni 40 personnes.
Peu importe, car ceux qui seront là à ce moment-là sont justement ceux qui ont besoin de ce service, de cette cérémonie. Je pense que quand on considère les cimetières comme des lieux d’apaisement, ils offrent ce dernier refuge où l’on peut prendre un moment pour réfléchir, ou s’intégrer à quelque chose de plus grand où l’on n’a plus à se soucier de son chagrin personnel. On peut se sentir en communion avec la communauté. Je pense qu’il est important de savoir que la communauté fait son deuil ensemble.
Brian
Pour ceux qui souhaitent nous contacter, deux choses. Si les gens veulent en savoir plus sur les différents événements organisés à Beechwood, quel est le meilleur moyen pour eux de s’y prendre?
Nick
Je dirais : inscris-toi à notre infolettre. C’est la première chose à faire. Je vais en faire la promo. On a toujours publié nos événements sur notre site web, Facebook, Instagram et tous les réseaux sociaux. Cette fois-ci, on a des calendriers complets sur notre site web auxquels tu peux t’abonner. Tu peux désormais les ajouter directement à ton calendrier Outlook en un seul clic. Je suis vraiment ravi du nouveau site, évidemment. C’est la solution la plus simple. Notre infolettre est également très intéressante, car elle te permet de rester au courant de ce que nous faisons. Ensuite, notre magazine est une autre chose que nous envoyons par courriel et par la poste. C’est un excellent moyen pour les gens de savoir ce qui se passe.
Brian
Alors, pour les militaires et leurs familles qui souhaitent organiser eux-mêmes leurs funérailles ou voir si Beechwood est l’option qu’ils souhaitent retenir, est-ce là qu’ils doivent s’adresser pour ça?
Nick
Ils vont juste dans notre section « Communauté ». On a « Défense et Sécurité ». C’est une communauté à part entière. Elle comprend, bien sûr, le Cimetière militaire national, la section des vétérans, la police d’Ottawa, le SCRS, la GRC et les diplomates. Ça donne vraiment une vue d’ensemble, parce que, bien sûr, certaines personnes auront servi dans l’armée, dans la police ou à la GRC.
Ensuite, tu vois trois ou quatre insignes différents : CSIS Police, CSIS GRC, CSIS Force aérienne… Il y en a beaucoup de la Force aérienne et du CSIS, évidemment. Je pense que c’est la façon la plus simple. On a tout une série de livres électroniques disponibles que les gens peuvent simplement télécharger, et ça permet de comprendre le fonctionnement sans avoir à s’engager. Tu peux juste voir ce que tu as besoin de savoir. C’est une excellente façon de s’y prendre. À part ça, je dirais juste que si tu es à Ottawa, viens faire un tour pour voir par toi-même.
Brian
La raison pour laquelle j’ai voulu te contacter, c’est bien sûr qu’on s’était déjà rencontrés. Vous aviez organisé un super événement éducatif pour mes collègues de travail. Je suis ce que tu fais en ligne. Tu fais énormément de choses, je dirais, dans le domaine de l’éducation et de la commémoration. C’est aussi très varié. Tu abordes tous les conflits et tu rappelles aux gens que, même si c’est un pays pacifique, le Canada a bel et bien une longue et fière histoire militaire.
Je voudrais remercier Nick McCarthy, historien, qui a joué un rôle essentiel dans notre prise de contact à Beechwood. Il m’a beaucoup appris ce jour-là. Ça m’a vraiment fait chaud au cœur de voir à quel point certains de mes amis, dont tu as la charge là-bas, sont bien pris en charge. Merci de nous avoir rejoints aujourd’hui sur L’esprit au-delà de la mission.
Laryssa
Je tiens aussi à te remercier, Nick, pour ce que tu fais, car ce qui me tient à cœur en ce moment, c’est le lien entre les gens. Je crois que j’en ai beaucoup appris sur ton travail et sur ce que propose Beechwood. Merci tout simplement pour le soutien que tu apportes à notre communauté.
Nick
Non, c’est un honneur. Je n’ai jamais servi, mais j’ai l’impression de pouvoir aider la communauté militaire, que j’ai toujours respectée. Comme je l’ai dit tout à l’heure, je viens d’une longue lignée de militaires, de gens qui ont choisi de servir. Certains ne sont jamais revenus. D’autres sont revenus, mais ils n’étaient plus vraiment là. C’est juste une façon de rendre hommage à ces personnes que j’admire tant et que je respecte tant.
[musique]
Brian
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Laryssa
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Brian
Si vous connaissez quelqu’un à qui ce que nous avons partagé pourrait parler ou qui pourrait y trouver une aide, n’hésitez pas à lui transmettre. Nous sommes tous dans le même bateau.
Laryssa
De plus, nous serions ravis de savoir quels autres sujets vous aimeriez que nous abordions dans les prochains épisodes. Brian et moi avons plein d’idées et de thèmes que nous avons l’intention d’approfondir. Vous, chers auditeurs, avez sans doute vécu ou pensé à des sujets qui ne nous sont pas encore venus à l’esprit.
Brian
N’hésitez pas à nous contacter si c’est le cas. Vous pouvez nous retrouver sur les réseaux sociaux sous le nom @atlasveteransca sur la plupart des plateformes. N’hésitez pas à nous envoyer un tweet, à nous envoyer un message ou à laisser un commentaire sur cet épisode. Dites-nous quels autres sujets vous aimeriez que nous abordions.
Laryssa
Brian, c’est toujours un plaisir d’avoir ces discussions importantes avec toi. J’ai hâte de te revoir.
Brian
Bien sûr, Laryssa. Prends soin de toi.
[musique]
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