- 10 septembre 2026
- Déclaration
Un appel à la déclaration obligatoire des décès par suicide chez les militaires et le personnel de la sécurité publique par la Collaboration nationale sur le TSPT
Des études ont montré que les militaires, le personnel de la sécurité publique ainsi que les personnes ayant pris leur retraite ou quitté ces professions courent un risque plus élevé de décès par suicide que la population canadienne en général. Malgré cela, il n’existe actuellement aucune donnée nationale précise fondée sur la surveillance ni d’examen obligatoire des suicides, ce qui rend difficiles à évaluer l’ampleur réelle et les circonstances de ces décès.
Les taux d’idées suicidaires au cours de la vie varient selon les professions militaires et celles liées à la sécurité publique, allant de 2,5 % chez les policiers municipaux et provinciaux à 41,1 % chez les ambulanciers paramédicaux. De plus, dans une étude nationale publiée en 2024, les membres actifs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étaient cinq fois plus susceptibles que la population canadienne générale de déclarer avoir élaboré un plan de suicide au cours de l’année précédente. La mortalité par suicide est également plus élevée chez les vétérans. L’Étude de 2021 sur la mortalité par suicide chez les vétérans a révélé que les vétérans sont 1,5 fois plus susceptibles et que les vétéranes sont presque deux fois plus susceptibles de mourir par suicide que l’ensemble de la population canadienne.
En l’absence d’une base de données nationale, les estimations existantes s’appuient sur des sources d’information secondaires, telles que l’information relayée dans les nécrologies, sur les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille. Ce n’est pas suffisant pour ceux et celles qui ont servi le Canada et nous ont protégés au pays et à l’étranger.
Il y a deux ans, le gouvernement du Canada a publié le Plan d’action national pour la prévention du suicide. L’un des résultats mentionnés consiste à disposer « d’une infrastructure de surveillance solide et des données nationales plus complètes et plus récentes sur le suicide et les comportements associés, qui permettent de mieux comprendre et d’orienter les interventions efficaces en matière de prévention du suicide » d’ici 2027. Malheureusement, le plan d’action n’a guère progressé, car il ne s’accompagne pas d’une stratégie permettant d’en suivre la mise en œuvre.
Nous savons que pour régler ce problème, il faudra une collaboration entre tous les secteurs. En 2022, 19 organismes membres de partout au Canada se sont réunis pour former la Collaboration nationale sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) — une communauté créée pour établir des partenariats avec des organisations spécialisées dans le trouble de stress post-traumatique (TSPT) dans le contexte plus large de la santé mentale, qui partagent tous la volonté de soutenir, par l’action collective, la santé mentale et le bien-être des personnes affectées par le TSPT et de leurs familles. Notre message commun est clair : il faut disposer de meilleures données, et il en faut dès maintenant. Au cours des dernières années, le taux de décès par suicide chez les militaires et le personnel de la sécurité publique, en service ou à la retraite, a continué d’être supérieur à celui du grand public, et peu de progrès ont été constatés dans la mise en place d’un système de collecte de données nationales, pourtant essentiel pour une compréhension précise de l’ampleur et de la portée de ce problème.
À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide le 10 septembre, nous demandons collectivement à tous les ordres de gouvernement de travailler ensemble pour rendre obligatoire la déclaration des suicides dans une base de données nationale afin de jeter les bases de mesures énergiques de prévention du suicide et de tirer des leçons de ces décès tragiques au sein de ces populations. Nous sommes encouragés par l’annonce d’un projet de loi d’initiative parlementaire que le député Jake Sawatzky s’apprête à déposer en vue de mettre en place une stratégie nationale de prévention du suicide. Des données exactes et holistiques sont nécessaires pour cerner les facteurs de risque, et les interventions nécessitent des données pour évaluer correctement leurs répercussions et déterminer les domaines où davantage de ressources sont nécessaires. Des administrations comme le Royaume-Uni et le Danemark, qui ont mis en œuvre des systèmes nationaux de surveillance et de déclaration des décès par suicide, ont acquis une meilleure compréhension des facteurs de risque, ce qui a permis des interventions plus ciblées et des changements de politiques.
En tant que Canadiens, nous formulons chaque jour des demandes incroyables aux militaires et au personnel de la sécurité publique, qu’ils soient en service ou à la retraite. Nous leur demandons d’être là pour nous lorsque nous en avons le plus besoin. Consciente de la nécessité pour les Canadiens de rendre la pareille, la Collaboration nationale sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) s’engage à maintenir une approche intersectorielle et à redoubler d’efforts pour créer l’élan nécessaire afin de garantir que des progrès soient réalisés en matière de déclaration et de suivi des décès par suicide. Nous sommes prêts à travailler de concert avec les gouvernements, les chercheurs, les associations professionnelles et les personnes ayant une expérience vécue ou actuelle afin de contribuer à la mise en place de ce système. De meilleures données permettent de prendre de meilleures mesures, et ces mesures ne peuvent pas attendre.
Les membres de la Collaboration nationale,
Fardous Hosseiny
(coprésident de la Collaboration nationale)
Président et chef de la direction
Institut Atlas pour les vétérans et leur famille
Donna King
(coprésidente de la Collaboration nationale)
Directrice générale
Institut canadien de recherche et de traitement en sécurité publique (ICRTSP)
MaryAnn Notarianni
Cheffe de la direction adjointe et vice-présidente directrice, Mobilisation des connaissances
Institut Atlas pour les vétérans et leur famille
Fred Phelps
Directeur général
Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux
Karen Cumberland
Directrice de la stratégie et de l’engagement communautaire
Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS)
Nicholas Held, Ph. D.
Directeur scientifique
Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans
Vijay Seethapathy, MBBS, MRCPsych, FRCPC, ABAM
Président
Association des psychiatres du Canada
Ramesh Zacharias
Président, chef de la direction et directeur médical
Centre d’excellence sur la douleur chronique pour les vétérans canadiens
Dave Gallson
Directeur général national
Société pour les troubles de l’humeur du Canada
Rob Farrer, M.O.M
Président
Fédération de la police nationale
Glen Siegersma
Chef de l’administration
Association des vétérans de la GRC










