- 9 septembre 2026
- Blogue
« Et si? » — Les choix que nous faisons
À l’approche des activités du Service commémoratif national de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et du Jour commémoratif national des policiers et des agents de la paix canadiens qui se tiendront en septembre, j’ai réfléchi à l’importance de se souvenir de ces agents de la paix qui ont donné leur vie au service de tous les Canadiens. Nombreux sont ceux qui pensent que ce n’est qu’une occasion de pleurer, de faire le deuil et d’être triste.
Toutefois, je crois que c’est beaucoup plus que cela. Une journée comme celle-ci nous donne l’occasion de nous souvenir, de célébrer et de reconnaître tous ceux qui ont servi et les choix qu’ils ont faits pour améliorer la vie de nos collectivités. Ce n’est pas seulement un moment pour les autres agents de la paix, mais pour tous ceux qui servent et qui vivent dans nos collectivités. Tous les Canadiens.
Lorsque je pense au passé, je vois souvent des gens, en particulier ceux qui servent, se demander « et si j’avais fait X plutôt que Y? » ou « et si j’avais choisi A plutôt que B? », surtout face à un obstacle, à des difficultés ou à un résultat négatif. C’est une triste réalité d’une carrière où la plupart des situations auxquelles nous sommes confrontés sont des questions de vie ou de mort et toutes nos décisions peuvent être scrutées.
Bien qu’il soit important de tirer des leçons de nos choix, il est également essentiel de continuer d’aller de l’avant. Il faut surmonter les événements et faire de son mieux, en sachant qu’on commettra d’autres erreurs à l’avenir. Nous devons aussi nous rappeler que, pour y arriver, nous devrons peut-être nous appuyer sur nos amis, notre famille et les autres membres de notre entourage, ainsi que chercher l’aide qui nous donnera le pouvoir de surmonter tout obstacle à une vie plus heureuse, plus saine et plus productive.
Il y a longtemps, alors que je m’apitoyais sur moi-même à la suite d’une erreur de jugement, mon père m’a donné un bon conseil que je transmets. Mon père m’a dit : « Ne te demande pas “et si?” jusqu’à la fin de tes jours. Apprends de tes erreurs, passe à autre chose et ne commets plus les mêmes erreurs. » J’ai essayé de suivre ce conseil et, peu importe ce que la vie m’a envoyé, j’ai essayé de tirer le meilleur parti de la situation et d’aller de l’avant. Parfois avec succès, parfois non.
Alors, où mes erreurs m’ont-elles mené? L’une de mes premières erreurs qui ont défini ma vie remonte à septembre 1978. Je m’étais joint au corps de cadets de l’armée des Seaforth Highlanders of Canada à Port Coquitlam, en Colombie-Britannique, plutôt qu’aux cadets de la marine. Tout cela parce que je me suis présenté le mauvais soir. La décision d’y aller un lundi soir plutôt qu’un mardi m’a amené directement à porter un kilt au lieu d’un chapeau de marin. Une photo de moi dans ce kilt à l’âge de 12 ans a fini par former un lien entre moi et mon grand-père, Jack. Cette expérience a suscité l’intérêt de toute une vie pour mes ancêtres écossais ainsi que pour le service et les sacrifices de ma famille pendant les Première et Seconde Guerres mondiales. Ces histoires ont éveillé en moi le désir de servir. Au cours des 48 dernières années, je suis passé de cadet à officier du Cadre des instructeurs de cadets, en passant par pompier volontaire, pour ensuite me joindre à la GRC, d’abord comme gendarme auxiliaire, puis comme membre régulier de la GRC.
La décision de me présenter un lundi plutôt qu’un mardi m’a amené directement à rencontrer mon épouse, ce qui m’a permis d’avoir trois filles merveilleuses, six petits-enfants extraordinaires et 42 ans de mariage. Cela m’a également amené à me joindre à la GRC et à prendre ma retraite en Alberta, après avoir servi partout au Canada et participé à une mission en Afghanistan. Mais surtout, cela m’a permis de me faire tant d’amis au sein de la GRC, des Forces armées canadiennes (FAC) et dans les collectivités où j’ai servi.
Ce service m’a aussi mené à des tâches et à des situations difficiles pour ma famille et moi-même. Comme beaucoup d’autres, non seulement j’ai fait tant de sacrifices au service de ces collectivités, mais ma famille en a fait aussi. Lorsque vous prenez le temps de penser à ces agents de la paix, je vous mets au défi de penser aussi à ceux qui les ont appuyés et qui ont fait d’eux qui ils sont devenus. Nous devons comprendre que la lutte contre les incendies, le maintien de l’ordre, les FAC et bien d’autres carrières de service sont des « sports d’équipe ». Vous ne pouvez pas faire ce travail seul sur la ligne de front et vous ne pouvez pas le faire seul à la maison. Chaque personne a besoin d’un réseau de soutien. Chaque personne doit connaître ses limites et les répercussions de son service sur ceux qui l’entourent. Comme beaucoup d’autres, il m’a fallu trop de temps pour le comprendre et pour demander ce soutien.
Il y a cinq ans, j’ai pris ma retraite de la GRC et je suis passé à un poste de soutien des membres de la GRC au sein d’une autre organisation. C’est extrêmement satisfaisant et loin d’être aussi stressant. Cela me permet également de consacrer plus de temps à ma famille et de me fixer un plan pour faire les choses que j’avais souvent mises en veilleuse. Je vais au restaurant et je vais voir des spectacles avec mon épouse régulièrement. Je vais camper avec des amis. Je fais des voyages avec ma famille. Parfois, je peux simplement être là.
Alors, en septembre, prenez quelques instants pour vous souvenir de ces agents de la paix qui ont donné leur vie pour les Canadiens. Souvenez-vous de ceux qui ont donné et qui donnent encore. Mais ensuite, prenez du temps pour vous-même et votre famille. Pour toutes les bonnes choses que vous avez faites durant votre service. Quel que soit votre rôle.
Je ne peux pas changer le passé, mais j’espère avoir fait de mon mieux pour l’avenir.
— Gary Hollender
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